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LA JEUNE FILLE A LA PERLE

de Peter Webber, d`après le roman de Tracy Chevalier

Avec Colin Firth, Scarlett Johansson, Tom Wilkinson

A-t-elle vraiment existe, la jeune Griet imaginée par Tracy Chevalier, employée au service de la famille Vermeer, a Delft, au XVIIe siecle ? Peu importe. Ce qui est sûr, c`est qu`elle inspira au peintre hollandais l`un de ses plus célèbres tableaux, véritable chef-d`oeuvre de l`école flamande : "La jeune fille à la perle".

Lorsque le producteur Andy Paterson et son épouse, la scénariste Olivia Hetreed eurent connaissance du manuscrit, avant même que le roman ne sorte en librairies, ils prirent le pari de sa véracité et, avec l'accord de son auteur et la complicité "très éclairée" du réalisateur Peter Webber, nous entraînent, éblouis, dans cette magnifique confidence…

Car c'est bien de "lumière" qu'il s'agit ici. Hommage fascinant au fameux "clair-obscur", cette école picturale qui révolutionna les "à plats" en vigueur jusqu'alors, le film montre, expose et explique par le menu la naissance d'un rai de lumiére éclairant le sujet de manière différente selon qu'il s'agit de celle du soleil venant de l'extérieur, par l'embrasure d'une porte ou d'une fenêtre, plus ou moins voilé ou au contraire éclatant, ou de celles, intérieures, de la flamme d'un feu de cheminée qui caresse les visages, ou encore celle d'une bougie qui accompagne les personnages.

L'origine documentariste de Webber n'est pas innocente dans cette affaire. Avec un soin méticuleux qui friserait la maniaquerie s'il n'était si passionnant, il nous fait vivre le quotidien du peintre, du choix et de la fabrication de ses couleurs a la réalisation sur la toile, ponctuée de nombreux arrêts dus a divers facteurs de progression : le déplacement d'un meuble, l'ouverture plus large d'une fenêtre, l'arrangememt d'une étoffe sur le corps de son modèle… Tout ce temps passéé a composer, hésiter, chercher encore, il nous invite à le partager, le gouter, s'en nourrir.

L'intimité qui s'instaure alors et grandit entre Vermeer et cette jeune supposée Griet, devient plus que plausible : évidente. Et lorsque l'auteur invente cette histoire de boucle d'oreille en perle chipée par le peintre à son épouse pour parfaire son tableau en en habillant sa muse, on y croit dur comme fer, cela s'est sûrement passé ainsi !

Persiste donc cet éblouissement visuel, en même temps que cet éudit cours de peinture. Ce film est passionnant ! Tous a vos pinceaux !

Véronique Blin