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53e Berlin International Film Festival

Bilan

Véronique et l'ours Berlinois

Pas de coup de cœur majeur, mais beaucoup de bons films

Chaque année, depuis dix-huit berlinales, nous avions pris goût et finalement l’habitude d’un ou plusieurs coups de cœur magistraux, de ceux qui vous laissent scotchés au fauteuil, sans être en mesure de pouvoir seulement quitter la salle, terrassés d’émotion. Ce cru 2003 nous a vus repartir certes contents, mais pas bouleversés.
En revanche, si nous n’avons ressenti ces frissons qui vous parcourent l’échine et vous étreignent le cœur, l’ensemble de la séléction fut d’une très bonne tenue. Avec quelques curiosités en prime, tel ce « Good Bye, Lenin ! », de l’Allemand Wolfgang Becker, qui prend le prétexte de l’amnésie momentanée d’une mère de famille pour dresser le constat, voire peut-être tirer les leçons de treize ans de Germanie réunifiée, après la chute du mur et la fin du communisme. Sur le ton de la comédie, avec beaucoup d’humour et de finesse, Becker nous distille les images de banderolles de Coca-Cola remplaçant celles, si prisées autrefois, des slogans du Soviet Suprême… Un régal.
Si l’on est en droit de discuter l’Ours d’Or accordé à « In this world », un peu trop «propre» pour être vrai, en tout cas pas le meilleur Winterbottom, rien à dire au contraire de tous les autres Prix, à l’exclusion peut-être de la très regrettable absence au palmarès de l’étonnant film australien de Rolf de Heer, « Alexandra’s Project ». Voilà bien une copie qui méritait amplement le Prix Alfred Bauer de la meilleure innovation ! Pour l’anniversaire de son mari, une épouse à priori dévouée n’offre ni gâteau, ni bougies, mais une cassette vidéo où elle narre par le menu les raisons de l’échec de leur couple. Cassette que le malheureux visionnera au retour du boulot, dans une maison aux volets clos, fermée à double tour, désertée par la mère et les enfants. Huis-clos impressionnant !
Toujours très marqué politiquement, le 53e Festival de Berlin était cette année placé sous le signe de la tolérance. A en juger par les 500.000 manifestants rassemblés samedi dernier autour de la Place de l’Ange – joli symbole -, pour appeler au non déclenchement de la guerre en Irak, nous garderons cette image, présente sur les écrans de toutes les sections berlinoises : même sur fond de mort, récurrente en cette version 2003, l’espoir de la paix et de la réconciliation.

Véronique Blin

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