InterCineTh

53e Berlin International Film Festival

En compétition officielle

La fleur du mal, de Claude Chabrol (France)

avec Natalie Bayle, Benoît Magimel, Suzanne Flon, Bernard Le Coq, Thomas Chabrol

C’est un film de famille, sur une histoire de famille, sur trois générations, au cœur de la bourgeoisie bordelaise. Un crime autrefois ; qui est le coupable ? Un autre meurtre aujourd’hui et de nouveau la même question.
Le thème de la culpabilité est l’un des plus chers à son cœur, dans la panoplie chabrolienne. Avec, pour immuable toile de fond, les méandres compliqués et tordus de la bourgeoisie provinciale, aux travers identiques qui constituent toujours son plat de résistance favori, à la table de ce cinéaste gourmand et fin gourmet.
Une fois de plus, Claude Chabrol croque à belles dents dans le vif de son sujet préféré : les gens. Une fois de plus, il nous laisse en rade d’une intrigue aussi compliquée que farfelue, avec pour fil conducteur ténu mais tenace, pour leitmotiv lancinant les petites bassesses et autres compromissions de ces gens «moyens» qui ont décidément bien du temps à perdre… Toile de fonds de cette énième chabrolite aigüe : les aléas d’une campagne électorale municipale. Autour de sa caméra baladeuse et indiscrète à la très belle tenue, tous s’en donnent à cœur joie pour tenir leur rôle : en tête des trois générations, l’immense et chère Suzanne Flon campe une tante Line aussi redoutable que délicieuse. Vers elle vont tous nos sufrages d’amoureux de son jeu subtil et délicat.
Un regret seulement : que Chabrol mette dans sa bouche, à la toute fin du film, l’explication verbale d’un scénario que l’on était heureux de ne faire que deviner. A part cela, tout est épatant !

Véronique Blin

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