InterCineTh

60. mostra internazionale d'arte cinematografica

Présentation

143 films (86 longs et 57 courts), répartis en cinq sections : Venise 60, Nouveaux Territoires, Semaine Internationale de la Critique, Upstream (que l’on pourrait traduire par Nouvelle Nouvelle Vague ?) et Rétrospective (consacrée cette année au producteur italien Stefano Della Casa dont nous verrons 18 œuvres entre 45 et 75). Tel est le menu proposé pour cet anniversaire important du célèbre rendez-vous cinéphile italien, au bord de la lagune.
Sous la houlette de son Président, le réalisateur italien Mario Monicelli, qui empocha le Lion d’Or en 1959 pour « La Grande Guerre », le Jury de la soixantième édition vénitienne - notamment composé de la cinéaste chinoise Ann Hui ou du français Pierre Jolivet (dont le délicieux « Ma petite entreprise », en 99, est encore présent dans nos mémoires) – devra se prononcer sur les 20 longs et 13 courts métrages de la Compétition. Parmi lesquels on remarque :
Trois films français, à savoir « Raja » de Jacques Doillon, qui ouvre le Concours, « 29 palmes » de Bruno Dumont et « Les sentiments » de Noémie Lvovsky, avec un trio de choix : Baye, Bacri, Carré. Egalement en lice notable : « Imagining Argentina » de Christopher Hampton, avec Banderas et Thompson ; « Zatoichi » de Takeshi Kitano ; « Goodbye Dragon Inn », le nouvel opus du remarquable Liang Tsai Ming ; « Code 46 » de l’anglais Winterbottom ; ou encore, telle une cerise sur le gâteau d’anniversaire vénitien, la dernière mais sans doute pas ultime œuvre du plus célèbre et prolixe nonagénaire du cinéma mondial, « A talking picture » de l’adorable Manoel de Oliveira, qui souffle cette année ses quatre-vingt quatorze bougies. On l’adore déjà !
Côté courts, ayons l’œil sur deux français, « Le lion volatil » d’Agnès Varda et « Destino » de Dominique Monferey, ainsi que sur « God’s Kitchen » de l’irlandaise Paki Smith.
Hors Compétition, à noter l’incontournable projection, en ouverture de la Mostra, de l’œuvre annuelle du plus européen des cinéastes américains, « Anything else » de Woody Allen. De plus, soixantième édition oblige peut-être, Woody réitère à Venise ce qu’il fit pour la première fois cette année à Cannes : sa présence en chair et en os aux marches du Palais. Mais aussi celle de Jim Jarmusch et son « Coffee and cigarettes » ; des frères Coen avec « Intolerable Cruelty » ; de James Ivory avec « Le Divorce » ; ou encore de Ridley Scott et son « Matchstick Men ».
Deux Lions d’Or à la carrière sont décernés cette année au producteur et acteur italien Dino de Laurentis, ainsi qu’à l’égyptien Omar Sharif.
Au chapitre des « évènements particuliers », ne manquez pas les quatre films réalisés sur le thème du Blues : « From Mali to Mississippi » de Martin Scorsese, « Godfathers and sons » de Marc Levin, « Red, White and Blues » de Mike Figgis et « The Road to Memphis » de Richard Pearce. Y ajouter « Persona non grata » d’Oliver Stone et « The Five Obstructions » de Lars von Trier.
Quant aux « Séances Spéciales », régalez-vous avec les trente-cinq minutes de « La Tivu di Fellini », les 99 de la copie restaurée du célèbre « Summer Madness » de David Lean, ainsi qu’avec les 72 minutes du film de Francis Nielsen « Le chien, le général et les oiseaux ».
Pour ceux d’entre vous qui trouveraient du temps entre deux toiles sur grand écran côté mer, d’autres toiles et concepts artistiques sont à voir aussi en ville : comme son nom l’indique, la « Biennale des Arts », absente l’année dernière, propose cette année un programme riche en émotions. Bons vaporetti, donc, pour ces navettes obligées entre la lagune et la mer, entre Venise et son Lido, fief pour douze jours de la cinématographie mondiale.
Arrivederci sur nos pages quotidiennes !

Véronique Blin