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9 th Avignon/New York Film Festival

APRIL 5-13

Avec son Grand Prix attribué à Christophe Ruggia pour " Les Diables " et à Bob Odenkirk pour " Melvin goes to dinner ", en ce qui concerne les longs métrages, ainsi que, côté courts, à " J’attendrai le suivant " de Philippe Orreindy et à " Coyote Beach " de Markus Griesshammer, la neuvième édition américaine du Festival de cinéma Avignon/New-York – qui fêtera son vingtième anniversaire dans la Cité des Papes du 6 au 13 juin prochain – fut riche en échanges culturels et amicaux entre nos deux pays. Furent également récompensés au titre de Meilleur Espoir (Runner Up Prize), les français Nicolas Cuche et Julien Rambaldi, respectivement pour "JoJo La Frite" (Accidental Saint) et "Scotch", les américains Peter Callahan et Stephen Marro pour "Last Ball" et "The Quality of Mercy". Ajoutons "Le Prix Valérie" à la productrice indépendante Sandra Schulberg ; un "Roger" spécial à la compositrice Sasha Gordon et le Prix Kodak de la Photo au Directeur de ladite, Robert Chapell, pour "The Quality of Mercy". Cette fois, le Palmarès est complet.

Adèle Haenel et Vincent Rotties dans " les Diables"

Michael Blieden et Matt Price dans " Goes to Dinner"

Sous la houlette toujours aussi efficace et chaleureuse de son fondateur et directeur Jerome Henry Rudes, Jerry pour les intimes, ce rendez-vous bi-annuel des amoureux du cinéma américain et français indépendant est l’occasion rêvée de renouer et approfondir les liens cinéphiliques des deux côtés de l’Atlantique, avec pour règle commune aux deux villes, le choix du public pour l’octroi des Prix.
Initialement dénommée "French American Film Workshop" en 1983 lors de sa création, puis très vite " Rencontres Cinématographiques Franco-Américaines d’Avignon ", la manifestation s’intitule depuis 1995 " Avignon/New-York Film Festival ", date à laquelle Jerry, natif d’Austin au Texas mais partageant son temps entre New-York et Villeneuve-les-Avignon, a décidé d’organiser une semaine comparable dans sa première ville d’adoption.
Cette année à New-York, en dépit de la neige et du vent glacial qui sévirent une bonne partie de la semaine, nombreux furent ceux qui se déplacèrent vers les deux points d’ancrage du Festival : le Roger Smith Hotel , quartier général de l’organisation, "mid-town", où officiaient outre son directeur le charmant Jordy Costell, la délicieuse masseuse Jamie Strohfeldt et le chef Pierre Paumel, venu tout spécialement de son restaurant " La Sommellerie " à Châteauneuf-du-Pape pour nous régaler avec les saveurs de sa cuisine provençale. "Down-town", " The Screening Room ", à deux pas de l’east River et hélas aussi, de "Ground Zéro", trou béant laissé par la catastrophe du 11 septembre 2001… Dans ces deux lieux principaux se sont succédées les projections des dix-sept longs métrages indépendants américains et français en compétition, ainsi que celles des vingt-six courts.

William Wellman Jr

En point d’orgue à cette vitrine franco-américaine, deux soirées exceptionnelles : au Peter Norton Symphony Space , en milieu de semaine, la projection du chef-d’œuvre restauré de William A. Wellman " Wings ", film muet de 1927 qui obtint le premier Oscar de l’histoire du cinéma, avec, en musique "live", l’accompagnement de trois ravissantes et talentueuses solistes : la compositrice Sasha Gordon au piano, la violoniste Anastasia Khitruk et la violoncelliste Clara Lee. William Wellman Jr., le fils du réalisateur, qui a co-produit en 1998 un superbe documentaire sur son père - "Wild Bill, Hollywood Maverick", de Todd Robinson - et prépare un livre-somme sur la vie de ce dernier, fut l’hôte d’honneur de cette magnifique soirée.
Le second événement majeur du Festival fut, lors de la soirée de clôture présidée par Ben Gazzara et Christine Lahti, la projection en Avant-Première du bouleversant film de Joseph Sargeant " Out of the Ashes ", adapté du livre autobiographique de Gisella Perl " I Was a Doctor in Auschwitz ", dans lequel Christine Lahti incarne cette femme médecin qui tenta d’aider ses comparses et elle-même à survivre à l’horreur nazie des camps d’extermination. Un moment grave, à l’issue d’une sélection plutôt joyeuse.

Clara Lee, Anastasia Khitruk, Sasha Gordon

Un regret, cependant, un seul : que n’ait pas été distingué par nos amis spectateurs new-yorkais le formidable film d’Emmanuel Saada, " Soleils Divers ", une véritable gageure et notre vrai coup de cœur. Sans budget réel et donc sans moyens conséquents, sans dialogues, avec trois copains et une caméra Super 8 sous le bras, ce premier long métrage est un pur bijou d’invention, d’astuce, d’émotion, de talent et de beauté. L’interrogation mouvementée et tourmentée de trois jeunes gens (deux garçons et une fille) sur le thème de la violence, maîtresse apparente d’une vie meilleure. Expérimental, impressionniste, chaque plan est un tableau, sans jamais tomber dans le piège du film pictural, mais au contraire la brillante démonstration de ce que cinéma veut dire : un mode d’expression unique, incomparable avec toute autre forme d’art. Avec le soutien effectif du grand Adrian Lyne au montage, " Soleils Divers " a illuminé de mille feux cette semaine new-yorkaise.

Emmanuel Saada

A l’année prochaine, en espérant qu’il soit cette fois plus présent…(le soleil, of course)!

En attendant allez donc visiter www.avignonfilmfest.com
et regarder notre galerie de photos

Le Chef Pierre Paumel, la masseuse Jamie Strohfeldt, le Directeur Jerry Rudes et notre journaliste Véronique Blin

Images Pierre Demailly