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| Avec son Grand Prix attribué à Christophe Ruggia pour " Les Diables " et à Bob Odenkirk pour " Melvin goes to dinner ", en ce qui concerne les longs métrages, ainsi que, côté courts, à " Jattendrai le suivant " de Philippe Orreindy et à " Coyote Beach " de Markus Griesshammer, la neuvième édition américaine du Festival de cinéma Avignon/New-York qui fêtera son vingtième anniversaire dans la Cité des Papes du 6 au 13 juin prochain fut riche en échanges culturels et amicaux entre nos deux pays. Furent également récompensés au titre de Meilleur Espoir (Runner Up Prize), les français Nicolas Cuche et Julien Rambaldi, respectivement pour "JoJo La Frite" (Accidental Saint) et "Scotch", les américains Peter Callahan et Stephen Marro pour "Last Ball" et "The Quality of Mercy". Ajoutons "Le Prix Valérie" à la productrice indépendante Sandra Schulberg ; un "Roger" spécial à la compositrice Sasha Gordon et le Prix Kodak de la Photo au Directeur de ladite, Robert Chapell, pour "The Quality of Mercy". Cette fois, le Palmarès est complet. |
Adèle Haenel et Vincent Rotties dans " les Diables"
Michael Blieden et Matt Price dans " Goes to Dinner" |
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Sous la houlette toujours aussi efficace et chaleureuse de son fondateur et directeur Jerome Henry Rudes, Jerry pour les intimes, ce rendez-vous bi-annuel des amoureux du cinéma américain et français indépendant est loccasion rêvée de renouer et approfondir les liens cinéphiliques des deux côtés de lAtlantique, avec pour règle commune aux deux villes, le choix du public pour loctroi des Prix. Initialement dénommée "French American Film Workshop" en 1983 lors de sa création, puis très vite " Rencontres Cinématographiques Franco-Américaines dAvignon ", la manifestation sintitule depuis 1995 " Avignon/New-York Film Festival ", date à laquelle Jerry, natif dAustin au Texas mais partageant son temps entre New-York et Villeneuve-les-Avignon, a décidé dorganiser une semaine comparable dans sa première ville dadoption. |
| Cette année à New-York, en dépit de la neige et du vent glacial qui sévirent une bonne partie de la semaine, nombreux furent ceux qui se déplacèrent vers les deux points dancrage du Festival : le Roger Smith Hotel , quartier général de lorganisation, "mid-town", où officiaient outre son directeur le charmant Jordy Costell, la délicieuse masseuse Jamie Strohfeldt et le chef Pierre Paumel, venu tout spécialement de son restaurant " La Sommellerie " à Châteauneuf-du-Pape pour nous régaler avec les saveurs de sa cuisine provençale. "Down-town", " The Screening Room ", à deux pas de least River et hélas aussi, de "Ground Zéro", trou béant laissé par la catastrophe du 11 septembre 2001 Dans ces deux lieux principaux se sont succédées les projections des dix-sept longs métrages indépendants américains et français en compétition, ainsi que celles des vingt-six courts. |
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William Wellman Jr |
En point dorgue à cette vitrine franco-américaine, deux soirées exceptionnelles : au Peter Norton Symphony Space , en milieu de semaine, la projection du chef-duvre restauré de William A. Wellman " Wings ", film muet de 1927 qui obtint le premier Oscar de lhistoire du cinéma, avec, en musique "live", laccompagnement de trois ravissantes et talentueuses solistes : la compositrice Sasha Gordon au piano, la violoniste Anastasia Khitruk et la violoncelliste Clara Lee. William Wellman Jr., le fils du réalisateur, qui a co-produit en 1998 un superbe documentaire sur son père - "Wild Bill, Hollywood Maverick", de Todd Robinson - et prépare un livre-somme sur la vie de ce dernier, fut lhôte dhonneur de cette magnifique soirée. |
| Le second événement majeur du Festival fut, lors de la soirée de clôture présidée par Ben Gazzara et Christine Lahti, la projection en Avant-Première du bouleversant film de Joseph Sargeant " Out of the Ashes ", adapté du livre autobiographique de Gisella Perl " I Was a Doctor in Auschwitz ", dans lequel Christine Lahti incarne cette femme médecin qui tenta daider ses comparses et elle-même à survivre à lhorreur nazie des camps dextermination. Un moment grave, à lissue dune sélection plutôt joyeuse. |
Clara Lee, Anastasia Khitruk, Sasha Gordon |
| Un regret, cependant, un seul : que nait pas été distingué par nos amis spectateurs new-yorkais le formidable film dEmmanuel Saada, " Soleils Divers ", une véritable gageure et notre vrai coup de cur. Sans budget réel et donc sans moyens conséquents, sans dialogues, avec trois copains et une caméra Super 8 sous le bras, ce premier long métrage est un pur bijou dinvention, dastuce, démotion, de talent et de beauté. Linterrogation mouvementée et tourmentée de trois jeunes gens (deux garçons et une fille) sur le thème de la violence, maîtresse apparente dune vie meilleure. Expérimental, impressionniste, chaque plan est un tableau, sans jamais tomber dans le piège du film pictural, mais au contraire la brillante démonstration de ce que cinéma veut dire : un mode dexpression unique, incomparable avec toute autre forme dart. Avec le soutien effectif du grand Adrian Lyne au montage, " Soleils Divers " a illuminé de mille feux cette semaine new-yorkaise. |
Emmanuel Saada
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A lannée prochaine, en espérant quil soit cette fois plus présent
(le soleil, of course)!
En attendant allez donc visiter www.avignonfilmfest.com Le Chef Pierre Paumel, la masseuse Jamie Strohfeldt, le Directeur Jerry Rudes et notre journaliste Véronique Blin Images Pierre Demailly |