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56e Festival de Cannes

14-25 Mai 2003

Vingt longs métrages en compétition, sous la houlette de Patrice Chéreau, Président du Jury, onze hors et neuf courts (dont la plupart fort longs !) ; auxquels s’adjoignent les dix-neuf films de " Un Certain Regard ", six séances spéciales, hommages et rétrospectives, tel est le menu de la Sélection Officielle qui sera présentée cette année sur La Croisette. Au total, cinquante-deux longs métrages proposés aux festivaliers, sans oublier d’y ajouter, bien sûr, tous ceux des incontournables " Quinzaine des Réalisateurs " et " Semaine de la Critique ", passage obligé et passionné des cinéphiles du monde entier. Toutes sections confondues, Cannes sera le siège de quarante premières mondiales ; jolie rampe de lancement !
Ouverture en fanfare avec " Fanfan la Tulipe " de Gérard Krawczyk, avec Vincent Perez dans le rôle titre ; clôture en écho avec Charlot et ses " Temps Modernes " en copie neuve, restaurée, numérisée, projetée sur grand écran en Haute Définition. Un événement, qui sortira en salles la semaine suivante. Entre les deux, un beau voyage de onze jours en compagnie de plusieurs cinéastes confirmés, de quelques abonnés et, on l’espère, de nombreuses et jolies surprises au rang des découvertes.
Cinq films français en compétition, rien de moins : " Les Côtelettes " de Bertrand Blier ; " La petite Lili " de Claude Miller ; " Swimming Pool " de François Ozon ; " Tiresia " de Bertrand Bonello et " Les Egarés " d’André Téchiné. Trois américains les suivent de près : le très attendu " Elephant " de Gus Van Sant ; " Mystic River ", du grand Clint Eastwood ainsi que " The Brown Bunny ", de Vincent Gallo.
Auxquels il faut adjoindre, hors compète, la "suite" ( ?) du "Titanic" de James Cameron, " Ghosts of the Abyss " (Les fantômes du Titanic). Ce qui met fin une bonne fois aux vilaines rumeurs selon lesquelles les Etats-Unis auraient eu l’intention de bouder Cannes et la France, en raison de nos récentes "divergences de vue" à l’égard de la guerre en Irak…
On guettera aussi Lars Von Trier et son nouvel opus " Dogville " ; le toujours étrange et passionnant Peter Greenaway avec une "œuvre" au titre encore une fois surprenant, " The Tulse Luper Suitcases. Part.I. The Moab Story " ( !) ; ou l’incontournable Alexandre Sokourov, chouchou des sélections cannoises, qui gravira les Marches du Palais pour nous présenter " Père et Fils ".
Dans la section " Un Certain Regard ", du beau monde également. Souvent considérée comme la plus belle part de la Sélection Officielle, comme son dessert ou sa cerise sur le gâteau, n’étant plus assujettie à la dure loi du marché qui régit la compétition - répartition si possible équitable des films entre pays, durées ou genres -, elle est en tout cas le fief de l’audace et de la curiosité. C’est ainsi que l’on pourra, dès l’ouverture, retrouver Arnaud Despléchin et son " En jouant ‘ Dans la Compagnie des Hommes ‘ " ; rester volontairement dans le noir pendant cinq heures trente (avec une pause à mi-parcours tout de même !), pour visionner, en compagnie du cinéaste italien Marco Tullio Giordana, " La Meglio Gioventù " (La Meilleure Jeunesse) ; ou encore, partir à la découverte de quatre premiers films.

Gus Van Sant

Ne surtout pas manquer, dans le cadre des "Séances Spéciales", les deux moyens-métrages de Nanni Moretti, " Il Grido d’Angoscia dell’Ucello " et " The last customer " , ainsi que l’un des hommages rendus au Blues par Wim Wenders, " The soul of a man ".
Ni se priver, dans celui des évènements cannois, de la rétrospective intégrale de l’œuvre de Fellini, assortie d’une "première" : en parallèle à "La Leçon de Cinéma", déjà vieille écolière et tenue cette année par Oliver Stone, Cannes innove avec une "Leçon de Musique", donnée par Nicola Piovani, dernier compositeur à avoir travaillé avec le Maître.
Reste la glose coutumière sur le temps qu’il fera pendant "la quinzaine", généralement pluvieux sous les palmiers. Qu’importe ! En parapluie ou en tongues, c’est dans l’obscurité des salles que se jouera la météo !

Véronique Blin