| Bien sûr, il y eut cette déception italo-italienne, bien compréhensible, de devoir se contenter de la meilleure contribution artistique pour le film prenant de Marco Bellocchio, « Buongiorno, Notte » (Bonjour, la Nuit), sur les atermoiements affectifs de la jeune révolutionnaire Chiara (émouvante Maria Sansa), membre imaginé de la section des Brigades Rouges responsable de lenlèvement, puis de lexécution dAldo Moro. Tous le voyaient léonisé dOr
Il faut dire que la manière dont le réalisateur italien révèle, analyse et fait progresser le doute qui sinstalle dans lesprit de cette jeune femme, sattachant peu à peu à lhomme quelle est sensée vouloir abattre par idéal politique, est admirable. Bellocchio sest pourtant fort bien attaché à décrire la lente transformation mentale de cette héroïne inventée. Mais cela na pas suffi pour convaincre les jurés de lui accorder la plus haute récompense
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Maria Sansa
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Andrej Zvjaginstev
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The Return
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Nous, en revanche, sommes bien heureux que le Félin Suprême - néologisme blinesque synonyme de Lion dOr - soit allé couronner la tête dun jeune cinéaste russe de trente-huit ans, Andrej Zvjaginstev, de surcroît pour son premier long-métrage, « Le Retour » . Même si, peut-être, nous aurions préféré voir en ce lieu et place le splendide opus de Tsai-Ming-Liang, « Goodbye, Dragon Inn » , qui lui, à notre grand regret, na rien du tout ! Autre Prix, nouveau bonheur, à mon sens le plus convoité pour un réalisateur digne de ce nom, le Lion dArgent de la Meilleure Mise en Scène à Kitano pour son sublime «Zatoichi», qui nous a transportés, haletants dun bout à lautre, dans lunivers magique de ce Grand Maître du Sabre . |
| Enfin ce «Cerf-Volant» magnifique de la libano-iraquienne Randa Chahal Sabbag, comme un rayon de soleil et despoir sur la morosité et linquiétude planétaires, qui empoche le Grand Prix du Jury. Ode à la réconciliation, à la fraternité et au partage, cette fable joyeuse et grave à la fois imagine, de part et dautre de la frontière de barbelés qui sépare le Liban des terres annexées par Israël, linitiation de la jeune Lamia (Flavia Béchara) à sa vie de femme libre. Le jour de son mariage, elle «traverse» le mur de fer, pour rejoindre son cousin dépoux de lautre côté, sous le contrôle vigilant dun soldat israélien en armes, posté au sommet dun mirador
Cest cet homme-là, pourtant son ennemi supposé, quelle choisira daimer. Renonçant à tout, à sa famille, à ses jeux denfant, se refusant à son mari, elle prendra le risque du choix impossible. |
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Flavia Béchara
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Le Cerf-Volant
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Raja
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| Najat Benssalem et Pascal Grégory |
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Voilà pour les bonnes nouvelles de la Compétition Officielle longs-métrages. Mais au chapitre des films oubliés par le Jury du Lido, entamé ci-dessus avec celui de Liang, citons quelques autres manques, ou erreurs dattribution à nos yeux : ne serait-ce que pour la prestation magistrale de Pascal Gregory en colon tourmenté dans «Raja » de Doillon, qui méritait largement le Prix dInterprétation Masculine, loctroi de cette distinction à Sean Penn pour son rôle dans « 21 Grams » dAlejandro Gonzales Inarritu, a lallure dun soufflet! Dautant que cet excellent acteur na jamais été aussi mauvais ! Sur jouant et bourré de tics, il est presque inexistant. Il y aurait de «larrangement ritalo-ricain» dans lair que ça ne métonnerait pas
Certes, «Raja» ne repart pas les mains vides : le Prix Marcello Mastroianni du Meilleur Espoir Féminin récompense la toute jeune Najat Benssalem pour son rôle de servante dont ledit patron tombe amoureux. |
| Mais là encore, cest à la jeune partenaire de Penn dans «21 Grams», Naomi Watt, que nous laurions confié, ce Prix ; elle y est extraordinaire ! En contrepoint, Katja Riemann justifie pleinement sa Coupe Volpi de la Meilleure Actrice dans «Rosenstrasse» de lAllemande Margarethe von Trotta : elle est poignante et juste en Lena Fischer, cette jeune femme qui, en 43 à Berlin, recueillit sous son aile la petite Ruth à la recherche de sa mère, déportée vers les camps nazis. |
Katja Riemann
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