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| Après le premier épisode «The Moab Story», déblouissante mémoire cannoise cette année, et avant «Vaux to the Sea» ou le dernier «From Sark to Finish», quen est-il de cet étrange «Anvers» ?
Sorte de melting pot du précédent et sans doute de ceux à venir, cette apparente digression ou supposée parenthèse lagunaire reprend pour lessentiel les thèmes chers au cinéaste britannique, à savoir leau, les chiffres et les objets, tout en poursuivant les aventures voyageuses de son androgyne Luper et son cortège de bagages renfermant, à terme, soixante années de temps et de matière, de la découverte de luranium en 28 à la chute du mur de Berlin en 89. |
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Les films de Greenaway sont inracontables, au sens narratif du terme ; celui-ci comme les autres. Cest bien là son secret : ce quil nous montre, seul le cinéma peut le faire et cest en cela précisément quil devient Art. Raconter une histoire ne sera jamais le propos de Greenaway et cest tant mieux (cf. interview ). Manipulée, bousculée, inversée, découpée, redécoupée par ses soins à linfini, sa caméra magique invente et réinvente sans cesse un langage qui lui est propre. Au-delà dune technique hallucinante, qui tient de la peinture (son premier talent), de la sculpture, de larchitecture et des mathématiques, Peter Greenaway laisse libre cours à une imagination débridée, la sienne, puis la nôtre puisquil nous y invite et crée, sur lécran, une alchimie saisissante : la poésie de limage. Véronique Blin |