| InterCineTh |

| Le retour de ce père quasi inconnu (formidable Konstantin Lavronenko) est le point dancrage, laxe autour duquel sorganise cette nouvelle appréhension de la vie. Jusque-là, seule la mère était le socle (émouvante Natalia Vdovina). Elle qui était venue récupérer son petit tétanisé au bord du plongeoir, incapable de sauter. Elle aussi qui protège ses enfants dans une sorte de cocon mou et chaleureux, la quintessence du giron maternel.Elle enfin qui doit réapprendre la vie de couple dans un lit désespérément vide depuis longtemps de présence masculine. Ce microcosme reconstitué, une famille, bouleverse les habitudes, change la donne préalable dans laquelle chacun sétait installé. Dautant quà peine rentré, le mari repart en voyage avec ses deux garçons, laissant à la maison une épouse vraiment seule, cette fois. |
Ivan Dobronravov |
Le réalisateur Andrey Zvyagintsev |
Ce voyage est pour Ivan un parcours initiatique ; pour son frère Andrey, loccasion de se mesurer à cette homme dont il tenait la place. Et pour nous, spectateurs, celle de découvrir un jeune cinéaste russe éblouissant, de la veine dun Tarkovski, capable comme lui de rendre «visibles» des sentiments, des atmosphères, de faire parler les non-dits. En cinéma, cela sappelle la grâce.
Véronique Blin |