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| Réfugié politique depuis vingt ans, ayant fui le régime de Sadaam Hussein dabord en Italie, puis en France où il réside depuis dix ans, Hiner Saleem nous parle une fois de plus de son pays qui nexiste plus en tant que tel, le Kurdistan, et de cet autre ici, dans «Vodka Lemon», quil vénère, de triste mémoire purement et simplement rayé de la carte : lArménie (voir interview). |
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Cest précisément dans un village kurde caucasien quil plante cette fois sa caméra, pour suivre Hamo (Romik Avinian), sexagénaire veuf, ancien officier de lArmée Rouge à la retraite, qui partage son temps entre le cimetière où il vient tous les jours nettoyer la tombe de sa femme, et les allers-retours fréquents à la poste, à bord du side-car moribond de son ami et voisin Dilovan (Ivan Franek), pour y guetter les courriers de son fils émigré à Paris, dans lespoir dy trouver quelque argent A chaque fois, un mot gentil, des photos de sa fiancée, mais nul billet ni chèque joint Au cimetière, Houmo ne tarde pas à remarquer une belle femme, Nina (Lala Sarkissian), veuve elle aussi, qui prend quotidiennement le même car que lui pour aller retirer la neige qui recouvre la tombe de son époux. Un jour, Hamo y dépose une fleur |
Par le biais de ces gestes simples, Saleem nous décrit tout un peuple à léchelle dun village, et nous montre à quel point linstinct de survie des Arméniens leur est chevillé au corps et à lâme. Sous un climat des plus rudes et dans des conditions de subsistance des plus minimales, voici des gens au courage exemplaire, dont lhumour et le sens de la dérision nont dégal que celui du partage et de la solidarité, seules armes efficaces contre toute oppression. Les scènes cocasses ou émouvantes se succèdent à vive allure avec, en filigrane, ténue mais bien présente, une certaine idée de la liberté
Superbe leçon de vie !
Véronique Blin