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59 e Festival d'Avignon

LA VIE DE GALILEE

De Bertolt Brecht
Traduction : Eloi Recoing
Mise en scène : Jean-François Sivadier
Avec : Nicolas Bouchaud, Stephen Butel, Marie Cariès, Eric Guérin, Christophe Ratandra, Christian Tirole, Nadia Vonderheyden, Dominique Brillault

Reprise
Cour du Lycée Saint-Joseph
9, 12, 13, 15 juillet à 20h

photo Alain Dugas

Le thème de la « représentation ». L'interrogation de Brecht sur la place de l'homme dans l'univers ; l'interrogation de Sivadier sur le théâtre en mouvement, le théâtre en train de se faire.
Il y a trois ans, déjà, juillet 2002 en Avignon, cette même cour du Lycée Saint-Joseph avait résonné haut et fort des interrogations, hésitations, doutes et finalement parjures du chercheur et découvreur de génie, Galilée, sous la plume du grand auteur allemand. Magnifique chambre d'écho à nos propres atermoiements, c'est un régal renouvelé que d'assister à nouveau à ces joutes à la fois scientifiques et tellement humaines.
Si l'on se réfère à l'Histoire, ce Galilée rua, c'est sûr, très fort dans les brancards… Remettant en cause les saints principes de l'Eglise, selon lesquels la terre est au centre de l'univers et tout tourne autour d'elle et de son maître absolu, l'Homme ; balayant les puissants ; fustigeant les politiques… Si l'on se tourne vers aujourd'hui, il est tout aussi sûr que ce savant dit fou aurait le même genre de pain sur la planche…
C'est bien ce qui intéresse Jean-François Sivadier et sa troupe : au-delà du texte visionnaire de Bertolt Brecht, le metteur en scène associé du Théâtre National de Bretagne saisit à bras le corps l'occasion rêvée de faire se confronter la pensée, la poésie et la notion de liberté. Proposant au public de bousculer les idées reçues, en faisant bouger les certitudes les plus établies, il interroge le théâtre même et, partant, l'art de la représentation.
Nicolas Bouchaud, dans le rôle-titre, s'y emploie avec une ardeur et une ferveur inouïes. Chevauchant les principes à bride abattue, il dégage une énergie fantastique.
Un conseil : si vous le pouvez, offrez-vous l'intégrale des deux pièces mises en scène par Sivadier, avec « La Mort de Danton » de Büchner dans la foulée ! C'est fou comme ces deux auteurs parlent la même langue et magistrale est la traduction qu'il en a faite !

Véronique Blin