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55. Internationale Filmfestspiele Berlin

10.-20.02.05

Ouverture

par Véronique Blin

Une fois de plus très politique, une fois de plus très passionnant, le 55e Festival International de Berlin, deuxième du monde après Cannes et avant Venise pour son importance, ouvre ses portes sur une sélection métissée, dominée par une interrogation très forte sur le devenir de l’Europe…

Prises de position, suggestions, inquiétudes et espoirs s’égrènent au fil des projections, qui comptent un nombre impressionnant de « Première », mondiales ou européennes.C’est Berlin qui a révélé au monde, depuis plus d’une décennie, la richesse du cinéma asiatique, de nouveau présent en force dans cette édition. De Hong Kong à Pékin, de Shanghai à Taipeh, de Tokyo à la province de Hénan, c’est tout un continent qui offre en vitrine sa production annuelle.

Peter Koslic

Directeur du Festival

Gu Changwei

image Pierre Demailly

Parmi les cinéastes présents dans la capitale allemande, on notera, en Première mondiale, le tout premier film en tant que réalisateur de l’inoubliable chef opérateur d’ « Adieu, ma concubine », Gu Changwei, pour « Peacock ».
Côté américain, les bluettes sont à l’honneur. Quatre films en compétition, quatre œuvres sentimentales sur les atermoiements familiaux, amoureux ou professionnels d’une nation qui s’interroge visiblement aujourd’hui sur le prix réel de l’ambition… Avec, dès le deuxième jour, pour donner le ton : « Thumsucker », de Mike Mills, étrange histoire d’un garçon qui refuse de grandir puisque, jeune adulte, il continue de sucer son pouce…

Benjamin Bratt et Lou Taylor Pucci

Robert Guédiguian

L’Europe vient en force à la 55e Berlinale. La France ouvre la marche avec « Man to man », de Régis Wargnier, en ouverture du Festival. Concourent également pour le fameux Ours berlinois, « Les temps qui changent » d’André Téchiné, « Les mots bleus » d’Alain Corneau, et surtout, très attendus, « Le promeneur du Champ de Mars » de Robert Guédiguian, sur la fin de vie de François Mitterrand, inspiré du livre de Georges Marc Bénamou, dans lequel Michel Bouquet, qui interprète l’ancien Président, devrait faire merveille ; enfin, Jacques Audiard ne manquera sûrement pas de nous régaler avec « De battre mon cœur s’est arrêté ».
Nous serons particulièrement attentifs aussi à quelques autres splendeurs annoncées, tel le nouvel opus magique et russe de l’immense Alexandre Sokurov, « The Sun », exercice de style venant compléter sa trilogie sur les fins de règne célèbres, en l’occurrence celle de l’Empereur du Japon Hirohito. Après Hitler dans « Moloch » et Lénine dans « Taurus », nul doute que la manière dont Sokurov va s’emparer de ce personnage illustre qui renonça au caractère divin de sa charge pour sauver son peuple, va nous passionner.

Alexandre Sokurov

Tsai Ming Liang et Véronique Blin

image Pierre Demailly

Tout comme le taïwanais Tsai Ming Liang ! Dont nous guettons toujours avec la même avidité la magistrale preuve qu’il nous donne, à chaque fois, de l’existence du cinéma en tant qu’ Oeuvre d’Art. Avec « The Wayward Cloud », sûr qu’on va encore décoller et monter au ciel, tout près, justement, des nuages !