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PROFILS PAYSANS : LE QUOTIDIEN
De Raymond Depardon
Précédé de « Quoi de neuf au Garet ? »

Raymond Depardon
Il y eut tout dabord « LApproche ». Avec sa patience, sa passion et son respect coutumiers, Depardon se devait, pour réaliser cette trilogie quil avait en tête sur la France rurale, commencer par le commencement : ne pas effrayer les gens, les rendre peu à peu familiers de sa présence. Ce fut tout le lent travail de son premier volet. Ce chemin parcouru, le documentariste sans nul doute lun des plus talentueux, obstiné et précis de notre pays leur rend ici un vibrant hommage dans leur vie quotidienne, avec lespoir nourri que ces paysans singuliers de moyenne-montagne de Lozère, dArdèche ou de Haute-Loire, tiennent bon dans leur artisanat local, face au gigantisme de plus en plus avéré des grandes entreprises agricoles, dune part, à linstallation dusines en tout genre à leur porte, dautre part, ou à la transformation progressive de bon nombre de ces anciennes fermes, parfois séculaires, en somptueuses résidences secondaires
| A cette menace, bien réelle, Raymond Depardon répond par leurs voix, quil interroge ; par leurs regards, sur lesquels il sattarde, qui en disent si long sur leurs désillusions et leurs craintes, leur ténacité aussi. Le vieux Louis, qui est parti, mais qui a tant marqué la mémoire de son village, jusque dans les yeux embués de son ami, bien âgé lui aussi, aujourdhui. |
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Et puis il y a Germaine, la jeune Germaine qui croit que tout est encore possible ; que lon peut vivre du fromage de ses chèvres, en menant les bêtes au pré. Elle a quitté la ville, tout vendu, pour réaliser son rêve, avec sa petite famille.
Cest sur elle que Depardon choisit darrêter, pour lheure, sa caméra. Tournée vers demain, témoin si vivant de son espoir à lui aussi, elle nous invite à cultiver précieusement le goût de la terre.
Comme son propre frère, dont il prend des nouvelles pendant dix minutes avant son reportage, dans « Quoi de neuf au Garet ? ». Le seul à être resté « au pays », maintenant vivante la ferme familiale désertée, dans la cuisine de laquelle Raymond faisait ses devoirs, petit
Aujourdhui cernée par deux usines et un échangeur dautoroutes, elle est comme un îlot de résistance ; tout un symbole
Véronique Blin