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LE PROMENEUR DU CHAMP DE MARS
De Robert Guédiguian
Librement inspiré du livre de Georges-Marc Bénamou
« Le dernier Mitterrand » (Plon)
Avec Michel Bouquet et Jalil Lespert

Michel Bouquet Jalil Lespert
On a pu, à tort ou à raison, lui reprocher tout et son contraire : davoir retourné sa veste, oscillé à droite ou à gauche au gré des opportunités, eu un ego démesuré Au seuil de la mort, Mitterrand fut comme tout un chacun : taraudé par le doute et la peur.
| Cest ce que sattache à faire ressentir Robert Guédiguian dans son nouveau film, tourné comme à laccoutumée au plus proche des gens, en loccurrence collé aux basques défaillantes de lancien Président de la République, au moment où il sapprête à quitter le pouvoir, pour se consacrer à sa dernière conquête, son ultime bataille aussi : la maladie. A partir du recueil dentretiens réalisés par Georges-Marc Bénamou, réunis dans son livre « Le dernier Mitterrand », Guédiguian nous invite à suivre, en compagnie du jeune journaliste (Jalil Lespert) qui ne le quitte pas dune semelle, les pas devenus hésitants de celui qui incarna, pendant plus de dix ans, le rêve de bon nombre dentre nous dun socialisme possible pour la France. |
Michel Bouquet |
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On sait trop lengagement personnel de Guédiguian , ses rêves partagés, pour ne pas comprendre avec quelle passion il interroge cette mémoire-là, ce personnage ambigu et complexe, débarrassé des contraintes de sa charge. Mais par qui faire vivre à lécran les soubresauts de cet ultime parcours, cette ligne de fuite, anonyme et cachée, dun homme qui na plus à paraître ? Il est deux sortes dacteurs : ceux dont on peut seulement dire sils ont bien ou mal « joué » un rôle. Et puis ceux qui « sont » le rôle Michel Bouquet est de ceux-là. Après cinq minutes de projection, il « est » François Mitterrand. On ne voit plus le modèle, on est avec loriginal. |
A linstar de cette jeune fille inconnue qui le croise au Champ de Mars à la fin du film et sapproche pour le remercier davoir changé la vie des français, alors que lancien Président venait de se plaindre à son confident du fait que personne ne le reconnaissait après plus dune heure de promenade, merci, Monsieur Bouquet !
Véronique Blin