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DEMI-DIEUX 7.0
De Pascal Adam
Mise-en-scène de l'auteur
Scénographie et marionnettes : David Girondin-Moab
Compagnie C'est la nuit
Avec Christine Bruneau, David Girondin-Moab, Fabien Joubert, Elena Lloria Abascal, Emilie Weiss
Caserne des pompiers, 13h30

photo Patrice Latour
« Nom de code : nounours. Niveau de jeu : 7. ». Dans l'univers des demi-dieux (ces drôles de machines qui nous gouvernent), il n'y a guère de place pour l'humanité…
C'est en déplorant cet état de fait, tout en s'y intéressant vivement, que Pascal Adam, qui n'a jamais approché le moindre jeu vidéo de sa vie, a imaginé une rencontre entre l'homme et l'ordinateur, en s'appuyant non sur des consoles ou tout objet technologique, mais sur des marionnettes, des clairs-obscurs, des lumières noires. « Dis seulement une parole, je te dirai qui tu es ».
Avec la complicité du marionnettiste David Girondin-Moab, dont il avait écrit le texte du Golem que Moab nous offrit l'année dernière à Avignon, Pascal Adam fait se confronter la modernité technique la plus avancée à la méthode ancienne la plus reculée : celle de la marionnette.

photo Patrice Latour
C'est ainsi que nous suivons le jeu dangereux qui oppose Santamaria - la meilleure joueuse d'une décideuse supérieure, la Matrice - au virus informatique non-non, virus humain chargé de l'éliminer. Cette joute « virtuelo-réelle », qui ouvre une réflexion sur le libre-arbitre dans le monde-machine où nous vivons, pose bien des questions, soulève bien des problèmes. Qu'en est-il au juste de la place de l'homme dans cet univers apparemment pré-établi ?
Vous êtes sûrement nombreux à avoir lu Le meilleur des mondes d'Adlous Huxley. Sur le principe, Demi-dieux 7.0 y fait penser. A cette différence près, de taille : c'est la poésie, la vraie gagnante de cette partie. Une poésie certes rayée de noir, aux arêtes vives, mais où la simulation, pièce maîtresse du jeu vidéo, ne parviendra jamais à détruire tout à fait l'espoir et n'atteindra jamais le coeur même du disque dur : l'âme du nounours...
Véronique Blin