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60e ANNIVERSAIRE du FESTIVAL d'AVIGNON

sous l'aile de l'ange NADJ

le funambule du geste

Josef Nadj ( photo Christophe Raynaud de Lage)

« ...Gestes

gestes de la vie ignorée

de la vie impulsive

et heureuse à se dilapider

de la vie saccadée, spasmodique, érectile

de la vie à la diable, de la vie n'importe comment

de la vie

gestes du défi et de la riposte

et de l'évasion hors des goulots d'étranglement...»

Henri Michaux

Extrait de « Mouvements »

On s'en doutait : avec Josef Nadj à la barre du vaisseau avignonnais, l'édition 2006 serait aérienne ou ne serait pas Mélange d'air, de terre et d'eau, le choix des invités du chorégraphe hongrois à venir partager ses émotions théâtrales, picturales, chorégraphiques ou musicales, confirme son goût prononcé pour l'ouverture à toutes les formes d'art faisant appel au corps humain et, partant, au geste, au mouvement.Nul hasard non plus, ce désir de rendre hommage à l'écrivain, philosophe, poète et peintre Henri Michaux. Ces deux univers s'interrogent, se répondent, s'entrelacent et Asobu, qui ouvre le Bal « Nadjien » à la Cour d'Honneur, en sera sûrement la magistrale et ludique démonstration.

Asobu ( photo Christophe Raynaud de Lage)

Nadj natif de la Voïvodine, en ex Yougoslavie, dans la petite ville de Kanizsa, aux confins de l'Orient et de l'Occident, en 1957, est avant tout un créateur d'images. Peintre et plasticien, sa vocation première, c'est à Budapest qu'il s'initie en parallèle au jeu d'acteur. Puis à Paris, en 80, où il se forme au mime et découvre la danse contemporaine, alors en plein essor. En 86, il fonde sa compagnie et commence à élaborer son propre langage, où l'atmosphère tragique certes domine, mais un tragique ébranlé par le rire, le burlesque, l'ironie.Pas étonnant, donc, qu'il ait eu envie d'avoir autour de lui des amis de la même veine. Des musiciens tout d'abord, parmi lesquels son complice de longue date, le percussionniste russe Vladimir Tarasov, qui accompagnait déjà Last Landscape l'année dernière ; le pianiste fondateur de la musique improvisée hongroise György Szabados , ou le saxophoniste Akosh Szelevényi. Du Japon, où il travaille souvent, Josef Nadj a fait venir le calligraphe Hiroyuki Nakajima, qui nous régalera de ses esquisses et de sa performance sous le titre générique de Lune. De Majorque, il a convié son ami Miquel Barcelo, peintre et sculpteur, à venir satisfaire l'un de ses fantasmes : à force de fréquenter le peintre, de dormir parfois la nuit dans son atelier, jouant avec les ombres, les contours des objets et des toiles à la lueur d'une bougie, Nadj a eu une envie très forte, celle d' « entrer » dans le tableau. Il va donc « traverser » un mur d'argile, s'y couler et s'y fondre... Ce sera Paso Doble.

Paso Doble (Photo Christophe Raynaud de Lage)

Et puis d'autres amis : Pippo Delbono et ses Récits de juin ; Marcial Di Fonzo Bo , qui met en scène le Théâtre des Lucioles avec trois pièces de Copi, La Tour de la Défense, Les poulets n'ont pas de chaises et Loretta Strong ; sa chère Needcompany de Jan Lauwers avec Le Bazar du Homard, Needcompany dont l'actrice-phare, Viviane de Muynck, nous réjouira par ailleurs d'un monologue de Claire Goll dans La poursuite du vent.

Viviane de Muynck (Photo Christophe Raynaud de Lage)

Enfin, hors de question, bien sûr, d'éviter de parler des grands rendez-vous des « habitués » d'Avignon, dont nous mentionnerons le trio, sinon de tête, en tout cas gagnant : Bartabas et ses chevaux dans Battuta, spectacle tzigane ; Alain Françon et sa trilogie d'Edward Bond Naître (Born), Chaise en créations, ainsi que la reprise de Si ce n'est toi.

Naître (Photo Christophe Raynaud de Lage)

Enfin, notre chère Ariane Mnouchkine et son Théâtre du Soleil, qui vient nous projeter, pour une soirée unique sur grand écran à la Cour d'Honneur, le film qu'elle a réalisé sur Le Dernier Caravansérail.

Ariane Mnouchkine ( Photo Michèle Laurent)

Prévoir de bonnes chaussures pour les 16 et 17 juillet, de minuit à minuit : une "déambulation nocturne" dans le jardin des Doms sera suivie, toute la journée du 17, de débats, hommages et rétrospectives, dans différents lieux de la ville, pour souffler les 60 bougies du Festival.

Bon Festival à tous !

Véronique Blin

Festival d'Avignon. Cloître Saint-Louis, 20 rue du Portail Boquier 84000 - Avignon. Tél : +33 (0)4 90 27 66 50. Fax : +33 (0)4 90 27 66 83. www.festival-avignon.com