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LA VICTOIRE À VENTOUX
Texte et mise en scène :
Patrick Chevalier et Ismaïl Safwan
Son, régie : Pascal Grussner
Scénographie et lumières : Gerdi Nehlig
Musique : Ismaïl Safwan
Peintures : Jaime Olivares

Avec Patrick Chevalier

Présence Pasteur à 12h15

Il ne s'agit pas du Tour de France. Il ne s'agit pourtant que de lui… Mais pas du plus grand événement sportif planétaire après les Jeux Olympiques et le Mondial de foot ; non plus que d'un panégyrique chronologique détaillé et exhaustif des plus grandes victoires d'étapes ou des spécificités géographiques en vigueur au fil du temps, de l'origine à nos jours. Non, il s'agit du vibrant hommage rendu à une poignée de splendides cinglés du guidon par un gamin passionné, aujourd'hui quinquagénaire, qui rassemble pour nous les souvenirs, les anecdotes, les émotions, les bonheurs et les chagrins de ceux qui l'ont fait rêver dans sa prime jeunesse.

C'est alors bien au-delà du sport qu'il nous emmène en voyage et nous convie à partager son engouement. Peu importe en fait que les hommes convoqués par Patrick Chevalier au sortir de sa caravane bleu ciel sise au bord de la route, joliment caressée de nuages floconneux, soient cyclistes. On est au pays du dépassement de soi, de l'effort acharné, de la rage absolue, positive et salutaire de vaincre, la véritable victoire étant d'abord sur soi-même.

Toutes ces valeurs vécues, ressenties, exprimées, ont laissé de bien jolies traces au cœur de l'auteur de ces bien jolies lignes. Et les tours de pédales à venir n'y pourront rien : les temps ont changé depuis que des marques de godasses, de casquettes ou de sodas ont pris le pas sur l'engagement de soi…
Des pionniers Garin ou Philippe Thys à Eddy Merckx le « cannibale » ; de Jean Robic la grande gueule aux frères Pélissier ; du mystique Gino Bartali au mécréant Fausto Coppi ; de Napoléon Paoli à Romain Maës, maillot jaune en 1935 de la première à la dernière étape ; ou encore de Rimenez à Simpson, mort en course dans l'hélicoptère qui l'emportait au-dessus du Ventoux, sans oublier, bien sûr, notre duo de choc Anquetil-Poulidor, ni ce cher Louison Bobet, surnommé « Louisette Bonbon » ou « Bobette la pleurette », douze champions légendaires descendent de leur machine pour nous conter, par la voix, l'émotion et le jeu de Patrick Chevalier, leurs aventures cocasses, extravagantes, magnifiques.

Alors, on repart ressourcés, régénérés par tant de belle pugnacité. A l'instar du grand Garin, la fierté nous gagne et laissons-le nous redire : « Le Tour est la course la plus dure qu'on puisse imaginer, mais quand-même, nous sommes de rudes gaillards et il ne doit pas y en avoir plus de treize à la douzaine, des gars de notre trempe ». Chapeau bas.

Véronique Blin