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The Da Vinci Glause

Tom Hanks
Pour ceux qui n'avaient pas lu le livre (dont je me réjouissais secrètement de faire partie), c'était en principe tout bénéf', n'ayant pas à subir les affres coutumières d'une adaptation cinématographique ratée… C'est tout le contraire qui est arrivé : bon nombre de ceux qui échangeaient leurs avis à l'issue de la projection trouvaient que le film suivait « à la trace » le best-seller de Dan Brown, tandis que je me sentais ensevelie sous une tonne de bavardage plutôt vain à l'écran… On ne va pas au cinéma pour lire un livre ; autant être confortablement calé dans son lit… En revanche - les rumeurs détestables en amont ayant fait leur œuvre - tous les effets spéciaux m'ont régalé l'œil : lumières sépia ou polychromes des cartes postales d'antan, impressions répétées de faire partie intégrante des tableaux de grands maîtres, d'assister en personne à la multiplication des pains, au sermon sur la montagne ou, bien sûr, à la Cène, autant de moments réussis. Mais quid du fond ?

Audrey Tautou
Si la production et le réalisateur comptaient sur la conviction du tandem Hanks Tautou pour nous faire avaler cette drôle de pilule quant à l'éventuelle paternité du Christ s'accouplant avec la belle pécheresse Marie-Madeleine dont la jeune Audrey serait l'arrière petite-fille ou équivalent, c'est raté : une expression et une seule animera leurs deux visages pendant les deux heures trente du film. Quant aux symboles maçonniques ou autres concernant ces deux calices inversés figurant l'homme et la femme, les explications verbeuses tentant de les faire jaillir de l'ombre sont tellement alambiquées que le sommeil vous gagne avant d'avoir entraperçu un début de compréhension…Foin de polar aussi, dont on nous avait rebattu les oreilles, vous avez dit énigme ? So, what ?
On devrait toujours se méfier de la publicité. A en juger par le déferlement médiatique et marketing, produits dérivés compris, précédant l'arrivée en fanfare sur la Croisette de ce qui reste, à ce point du Festival, l'événement cannois 2006, ce fut beaucoup de bruit, non pas pour rien, mais pour vraiment pas grand chose… (Pauvre Shakespeare …).
Véronique Blin