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De Sofia Coppola
Avec Kirsten Dunst, Jason Schwartzman
So, what ?

Mais qu'est-ce qui a bien pu intéresser Sofia Coppola dans le personnage, ou la figure, ou l'emblème de « la » Marie-Antoinette ? Moi qui avais d'emblée et pour l'heure, remisé au placard mon cher Malet et Isaac ( livre d'Histoire-Bible de la classe de 4e relatant l'aventure française d'une jeune princesse autrichienne, riche et frivole, devenue Reine de France par les jeux d'alliance politique et familiale), pensant que, dans sa trilogie sur les vierges (après Virgin suicides et Lost in translation), la jeune réalisatrice américaine allait nous révéler une face cachée de « l'Autrichienne », un trait de caractère, un secret, une dérive, enfin, quelque-chose… Que nenni : durant deux heures et trois minutes, on assiste à « l'aventure française d'une jeune princesse autrichienne, riche et frivole, devenue Reine de France par les jeux d'alliance politique et familiale »…
Le tout dans une somptuosité hors du commun, une débauche d'ors et d'étoffes à couper le souffle, s'offrant au passage le château de Versailles et Le Palais Garnier (les vrais de vrais), en ayant le culot en prime de prétendre que ce film n'a rien d'historique…

Alors, on se prend à chercher, à espérer, à tenter de deviner, derrière les mimiques quasi inexpressives de la jeune Dunst, vautrée parmi les macarons multicolores de ses après-midi désoeuvrées, quelque chose, enfin, à manger… Peine perdue : hormis le passionnant fait d'entendre qu'en autrichien, Marie-Antoinette se dirait « Antoine » (en tout cas d'après l'Archi-Duchesse, sa marieuse de mère, au tout début du film), et qu'en guise de folie, ou de caprice, ou d'originalité, la très douée fille homonyme de Francis Ford offre aux regards déjà assoupis la surprise d'une paire de baskets rose bonbon glissée dans l'ahurissant défilé des escarpins royaux, rien de bien solide à se mettre sous la dent, encore moins à croquer. Pas la moindre « viennoiserie »…
Le bruit courait à Cannes, bien avant qu'il n'y soit projeté, qu'il s'agissait là de la très savante analyse féministe de Sofia Coppola sur l'agonie d'une monarchie, donc d'une forme de pouvoir, sur le point de tomber en désuétude face à la révolte populaire grandissante, notamment celle des femmes… Ah bon ! So, what ?
Véronique Blin