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| L'invite initiale est celle d'une pause ; dans la touffeur avignonnaise, elle est bien salutaire… Long moment de silence et d'obscurité, d'où émergent peu à peu la silhouette d'un corps assis ; l'ombre portée de deux pieds allongés ; la courbure d'un dos féminin. Puis, à jardin, apparaît doucement le corps apparemment fourbu d'une autre femme, pliée en deux sous le poids d'on ne sait quel fardeau. Les corps sont éloignés, le faix (de la vie ?) semble les rapprocher… |
Photo Alain Julien |
Photo Alain Julien |
Devient alors possible le lent déploiement de ces fleurs endormies, comme en quête de stature, d'existence. Tentatives de se fondre dans le paysage ; de traverser les murs ; de les « enjamber ». Essais d'approche de l'Autre, jusqu'à l'étreinte, jusqu'au baiser. Mais aussi, constat avéré de l'impossibilité de transparence, barrière infranchissable des os de la face, bouche torturée par un mur invisible. Chocs des corps contre les parois. |
| Jusqu'à présent, Clara Cornil nous présentait des solos de ses chorégraphies personnelles, si intimes, en osmose musicale et scénographique avec Bertrand Schacre. Voici qu'elle s'ouvre au duo, en « partenariat » avec Anne Journo, et même au trio, puisque avec la complicité magnifique de Pierre Fruchard et sa guitare électrique, qui les scrute toutes deux au gré de leurs mouvements, ils composent un ballet de superbe harmonie. |
Photo Alain Julien |
Véronique Blin