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photo Pierre Demailly

Voilà des années qu'il est question de démolir le vieux "Palais du Cinéma", au Lido, emblème mythique de la "Mostra de Venise"... Sera-ce un jour la bonne ? Cette nouvelle façade pourrait en augurer...
75 printemps s’affichent aujourd’hui au compteur de la manifestation vénitienne, mais c’est la 64e édition de son festival cinématographique, pour cause d’interruption pendant la Deuxième Guerre Mondiale et en raison du fait que certaines années furent dépourvues de compétition. Quoi qu’il en soit, bon anniversaire au mythique rendez-vous lagunaire, médaillé de bronze sur le podium du cinéma mondial, après Cannes et Berlin !
Parmi les 3 .120 films que Marco Müller, son Directeur, annonce avoir visionné avec son équipe cette année pour concocter sa quatrième édition aux manettes de la Mostra, 57 longs métrages figurent dans la Sélection Officielle, dont 22 en compétition. A noter, 11 documentaires d’importance dans la section « Horizons ».
Le Jury, présidé par Zhang Yimou - deux fois détenteur du fameux Lion d’Or dans les années 90 et uniquement composé des réalisateurs(trices) que sont Catherine Breillat, Emanuele Crialese, Alejandro Gonzalez Inarritu et Paul Verhoeven, aura donc la lourde tâche, samedi 8 septembre au soir, de décerner les tant convoitées récompenses.
Hors compétition, deux invités (et habitués) de marque : l’incontournable Woody Allen, qui chaque année vient présenter son nouvel opus à Venise, en l’occurrence Cassandra’s Dream, et notre cher Claude Chabrol avec La fille coupée en deux , déjà sorti en France.
les Etats-Unis seront très présents sur la lagune avec pas moins de six films à leur actif ! Deux d’entre eux abordent la guerre en IraK : Redacted , de Brian de Palma, qui relate le viol et le meurtre d’une adolescente irakienne par des soldats américains et In the valley of Elah , de Paul Haggis, où Tommy Lee Jones incarne un militaire de carrière enquêtant sur la disparition de son fils envoyé au front. Et puis Wes Anderson avec The Darjeeling limited , Todd Haynes et son I’m not there, le Michael Clayton de Tony Gilroy, ainsi que le western d’Andrew Dominik The assassination of Jessie James by the coward Robert Ford , dont le rôle du légendaire bandit Jessie James est tenu par Brad Pitt.
En Europe, les anglais apportent dans leurs suitcases le Sleuth de Kenneth Branagh, avec Michael Caine et Jude Law ; It’s a free world de Ken Loach, ainsi que la dernière œuvre, assurément magistrale comme d’habitude, de l’un des invités préférés de Venise, le génial et épique Peter Greenaway, Nightwatching, sur la vie, notamment nocturne et amoureuse, du grand maître hollandais du "clair-obscur", Rembrandt.
L’Italie, respect dû à l'hôte, présente de nombreux films hors et trois en compétition : Il dolce e l’amaro d’Andrea Porporati ; Nessuna qualità agli eroi de Paolo Franchi et L’ora di punta de Vincenzo Marra.
Côté français, on surveillera de très près deux fleurons, assurément magnifiques : La graine et le mulet, troisième oeuvre du bondissant Abdellatif Kechiche sur une famille maghrébine ancrée dans le port de Sète, ainsi que Les amours d’Astrée et de Céladon , adapté du roman du XVIIe siècle d’Honoré d’Urfé, « l’Astrée », par l’admirable octogénaire de quatre-vingt sept printemps qu’est le grand Eric Rohmer, notre Manoel de Oliveira à nous !
L’Asie débarque en force sur la lagune avec le japonais Takoshi Milke et son percutant Sukiyaki western Django , ainsi que le célèbre taïwanais Ang Lee, qui vient de nouveau tenter sa chance en compétition avec Se, Jie , après son Lion d’Or en 2005 pour Le secret de Brockback Mountain.
Certes, en Italie, il faut désormais compter avec la concurrence romaine, qui présentera entre autres films, du 18 au 27 octobre prochain, le très attendu Youth without youthque Francis Ford Coppola a tourné en Italie, après dix ans d’absence ! Ou encore Le Deuxième Souffle d’Alain Corneau, avec Daniel Auteuil, Monica Bellucci, Michel Blanc, Jacques Dutronc et Eric Cantona, nouvelle adaptation du roman éponyme de José Giovanni, après celle de Jean-Pierre Melville en 1966.

photo Pierre Demailly
Mais, pour l’heure, retenons les paroles que Marco Muller a prononcées à Rome, lors de la conférence de presse de la Mostra, fin juillet : « Notre critère a été de sélectionner des films surprenants et originaux ». So, wait and see ! Laissons-nous surprendre !
Véronique Blin