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Le cinéma canadien était très bien représenté cette année à la Berlinale avec plusieurs films importants. Intercineth a vu pour vous Restless en compétition officielle, film co-produit avec le Canada, l’Allemagne et la Belgique; Le Ring et Otto; or Up with dead people, dans la section Panorama, My Winnipeg qui a ouvert la section Forum et le court métrage No bikini.

Restless
Parlons un peu de Restless, beau film sur l’incertitude et l’absence de l’israélien Amos Kollek (Fast food, Fast women, la trilogie Sue, Fiona et Bridget). Moshe Ivgy (formidable) y joue un poète Israélien paumé, séducteur, qui tente de survivre à New York après avoir abandonné son fils en Israël, 21 ans plus tôt. Ledit fils, Tchach (Ran Daker, très crédible), devenu tireur d’élite dans l’armée israélienne, est obsédé par ce père absent, qu’il veut connaître autant qu’il veut lui faire la peau. L’histoire, portée par la magnifique caméra de Virginie Saint Martin, suit les pérégrinations de ces deux personnages, l’un qui exprime à tout venant son amertume vis-à-vis de son pays et l’autre qui étouffe de colère rentrée. Un film qui en dit long, sans rien affirmer.

My Winnipeg
Une réussite que ce My Winnipeg, du Manitobain Guy Maddin, filmé presque entièrement en noir et blanc. Winnipeg, ville la plus froide au monde, compte 10 à 15 fois plus de somnambules que n’importe qu’elle autre ville sur la planète. Parti de ce fait, Guy Maddin reconstitue l’histoire de la ville sous forme de poème onirique sur le départ. Il revisite, avant de les quitter, les lieux et faits marquants de sa ville natale et de sa jeunesse. Il les raconte, les recrée, les rêve, les tisse, les sublime, en vue de les abandonner. On reste fasciné par ces reconstitutions mêlées à des documents d’archives parfois saisissants, comme ces têtes de chevaux gelées émergeants de la Rivière Rouge prise dans les glaces, tel les pièces d’un jeu d’échec sortis tout droit d’un cauchemar surréaliste. Un film extrêmement personnel, donc, tourné par un artiste au sommet de son art. Du bonbon !

The Ring
Généralement, Le Ring, de la Québécoise Anaïs Barbeau-Lavalette est une surprise. Surprise parce que cette toute jeune cinéaste possède déjà un style qui lui est propre. Surprise parce que son film témoigne d’une grande maturité cinématographique (on pense au cinéma social des frères Dardenne ou de Ken Loach) et d’un exceptionnel talent de direction. Surprise, parce que Maxime Desjardins-Tremblay, le jeune acteur de 13 ans dépourvu d’expérience, est criant de vérité. Surprise parce que Montréal, vantée pour son charme, est pour une fois montrée dans sa laideur. Surprise, parce que cette histoire d’un jeune garçon issu des quartier pauvre, fasciné par la lutte, qui se bat pour survivre au milieu de sa famille qui explose de tous côtés, nous embarque dès la première seconde. Surprise, parce que ce premier film est un grand film. Chapeau Madame Barbeau !

Otto; Or up with dead people
Otto; Or up with dead people enchantera sans doute quiconque aime les contes homosexuels giclants, sanglants et déjantés (les fans de Marilyn Manson seront sans doute ravis). Le réalisateur Bruce Labruce compte de nombreux fans à Berlin, c’était visible dans la salle. Intercineth, pour sa part, trouve ce genre de film insupportable. Mais terminons en tendresse avec le charmant court-métrage No bikini de Claudia Morgano Escanilla, alors que la petite Robin, 7 ans, nous raconte l’époque fabuleuse ou elle a franchit toutes les limites pour prendre son cours de natation en garçon. Délicieux !
Anne-Christine Loranger