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Avec Horacio Camadulle, Leonor Svarcas…
Grand Prix du Jury, Prix Alfred Bauer, Prix du Meilleur premier Film
Horatio Camadulle
Jara (Horacio Camadulle), homme grand, imposant et timide, travaille de nuit comme gardien de sécurité dans un hypermarché de la banlieue de Montevideo. C’est lui qui effectue la surveillance sur les moniteurs des caméras de tout le bâtiment, travail ennuyeux qui lui laisse tout le loisir d’écouter du rock heavy metal et de faire des mots croisés. Entre un jeu vidéo et un film d’horreur, Jara coule des jours tranquilles et solitaires, jusqu’à ce que Julia (Leonor Svarcas) commence à travailler comme femme de ménage dans l’hypermarché. Jara se sent bientôt attiré par Julia et se met à la surveiller sur tous les écrans, puis à la suivre dans la rue. Il découvre ses habitudes, ses lieux de vie et devient obsédé par la jeune femme, dont les goûts ressemblent étrangement aux siens. Quand Julia est renvoyée avec d’autres employés, Jara se retrouve face au choix difficile d’accepter son obsession, et de s’accepter ainsi lui-même, ou de la réprimer.
Disons-le tout de suite, il se passe très peu de choses dans le premier film d’Adrián Biniez. Pourtant le spectateur reste fasciné. Fasciné par ce gros type tendre qui se met à réorganiser toute sa vie en fonction des habitudes de celle qu’il aime, qui la suit quand elle se rend à la plage, au cinéma ou même quand elle rencontre des hommes. Le film donne lieu à des situations cocasses, comme quand Jara soigne le torticolis de son collègue à l’aide de manipulations apprises à la télé, ou quand il protège un galant de Julia de jeunes voyous, alors que lui-même le suivait pour lui flanquer une raclée.

Leonor Svarcas
Horacio Camadulle porte tout le poids de ce film et y livre une performance criante de vérité. Ses sourires, ses froncements de sourcils et sa démarche signent le personnage. Les plans de caméra d’Arauco Hernandez, qui tourne presque exclusivement dans des lieux étroits, renfoncés ou chargés d’objets, nous font comprendre l’exiguïté de la vie de Jara, tandis que le scénario - signé par Biniez lui-même - nous décrit non seulement finement l’existence d’un humble gardien de sécurité, mais aussi celle de millions de personnes coincées dans une modernité abrutissante, où l’être humain n’a presque plus sa place.