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Il était une (quinzième) fois…

 

 Ce fut bien un conte de fées qui vient de s’achever. Pendant dix jours, la ville ardennaise de Charleville-Mézières démontra pour la quinzième fois qu’elle était bien la capitale mondiale des Arts de la Marionnette. En nombre d’années, puisque le Festival n’a lieu – à ce jour – que tous les trois ans, voilà donc quarante-huit ans que le défricheur Jacques Félix eut l’excellente idée, en 1971, de « lancer » le projet d’une rencontre planétaire entre artistes marionnettistes, à partir de son association Les petits Comédiens de Chiffons, que son fils Jean-Luc préside aujourd’hui.

 

La Place Ducale en fête

Photo Véronique Blin

Anne-Françoise Cabanis, Directrice du Festival, peut être fière de cette édition 2009 : de la somptueuse Place Ducale, véritable poumon et centre névralgique de la manifestation à Nouzonville, à sept kilomètres de là ; de la moindre salle de classe ou cour de récréation de Charleville aux confins de Mézières, sur l’autre rive de la Meuse, pas une once de terrain qui ne soit dédiée à l’art marionnettique.

Les petits ne furent, bien entendu, pas en reste. Arpentant en grappes joyeuses les rues de la ville, se tenant par la main sous le regard attentif de leurs maître(sse)s d’école, ou la glissant, confiants, dans celle de leurs parents, ils nous offrirent jour après jour l’occasion rêvée de retrouver notre âme d’enfant. A l’issue du Festival, nous avions tous cinq ans…

Photo Pierre Sabatier

Même le ciel fut de la fête : temps superbe, soleil généreux, température indécente pour la saison.

 

Sur le fond, la sélection des spectacles invités fut logée à la même enseigne : superbe. De la Corée du Sud au Chili, de Taïwan à l’Iran, ou des Etats-Unis à l’Italie piémontaise, pour ne citer que quelques-uns des pays étrangers présents, peu de pions manquaient sur l’échiquier international.

Notre cher hexagone, venu en force de ses quatre points cardinaux, n’eut pas à rougir de ses présentations : d’une salle à l’autre, dans les jardins ou les cours intérieures, les régals furent constants.

Partons en promenade au cœur de quelques spectacles qui   ont particulèrement retenu l’attention d’Intercineth, en commençant par celui qui porte en titre la phrase mythique ouvrant sur les contes du monde entier :

 

Il était une fois… «  Once upon a time «  , par la Compagnie américaine de Chicago Redmoon Theater.

Sous la houlette de Franck Maugeri, pour la création et la direction, quatre comédiens/manipulateurs - dont une narratrice époustouflante – nous racontent l’histoire d’Emily, la petite fille qui aimait les oiseaux… jusqu’à comprendre leur langage.

Dans un décor des années 20, empreint d’une certaine nostalgie, parmi gramophones, porte-voix et autres appareils à manivelle, tous quatre vêtus d’un chapeau melon et d’un imperméable beige, façon Sherlock Holmes (ou, plus près de nous, Colombo…), ils nous entraînent à la poursuite du voleur d’oiseaux qui sévit dans la grande ville. Avec l’aide de « Bruno le Brave », ancien boxeur puissant reconverti dans la défense de causes justes, Emily parviendra-t-elle à mettre un terme à l’odieux trafic et son serin Petunia pourra-t-il reprendre, à son côté, son chant joyeux ?

Once upon a time

à g. photo Véronique Blin à dr. photo Sean Williams

La perfection dans le travail, à l’état pur. Alliant les techniques modernes de vidéo et autres caméras « embarquées » à des figurines de carton d’un autre âge, la Cie Redmoon Theater fait preuve ici d’une maestria fantastique.

Rien de plus simple qu’un chant d’oiseau pour réconcilier le monde…

 

Il était une fois…  «  Ô Eaux «  par le Théâtre de la Cheminée.

Sophie Talabot, figure de proue et maître d’œuvre de la compagnie bourguignonne, de la conception à la mise en jeu, en passant par la fabrication des marionnettes, entraîne cette fois son « tout  public », de 4 ans à plus d’âge, sur le chemin de la reconquête de l’eau, si rare pour beaucoup, si précieuse pour tous. Des dessous sablonneux jaune pâle du castelet - construit et éclairé par Gérard Bonnaud - qui forme comme une crinoline autour d’elle, surgit la narratrice, inquiète : « C’est beau ! Mais c’est sec ! » se désole-t-elle. Tout alentour est desséché, vidé de sa substance : les arbres n’ont plus de feuilles, le sol  est fissuré, craquelé de partout, jusqu’à l’asticot, pourtant réputé se contenter de peu, qui ne trouve plus la moindre nourriture…

Ô Eaux

photo Pierre Sabatier

La meneuse de jeu est apparue en livrée de sable, long manteau et turban assorti. Ainsi vêtue, elle se fond dans le paysage désertique, s’y imbrique, faisant corps avec lui. Telle une dune en mouvement, elle s’emploie alors à alerter les populations avoisinantes du péril qui les guette. La parole est d’abord donnée au poète, puis au scientifique, puis à « Mamma Bleue » (qui est noire), visible chef de troupe ; enfin, à une multitude d’enfants de toutes les couleurs.

Survient alors « l’Homme d’Affaires », ventripotent et ronchonneur : « Tout est à moi, ici, tout est à moi ! », vocifère-t-il, n’ayant cure de ces peuplades qui n’ont rien…

Tous auront fort à faire  pour se liguer contre la cupidité et l’égoïsme ambiants, afin de trouver un antidote au malheur. Retroussant leurs manches, partageant leur peu de biens, ils finiront par conjurer le - mauvais – sort et faire revenir l’eau… En récoltant dans un filet, pour commencer, une, puis deux, puis trois, puis mille gouttes de rosée matinale… Bon début !

La narratrice donne le ton : peu à peu, elle troque son habit de sable pour une superbe robe de verdure. En commençant par le haut : soulevant son turban jaunâtre, elle fait jaillir une couronne de lauriers d’où s’échappent deux longues et joyeuses nattes ! Tandis que tout reverdit alentour, les arbres se couvrant de feuilles, le potager de légumes et les fleurs dessinant un tapis multicolore, Sophie Talabot sonne le renouveau. A la plus grande joie de Madame la taupe et de Messieurs les asticots et autres vers de terre !

Ô Eaux

photo Véronique Blin

Et les hommes, les femmes, dans tout ça ? Et les enfants ? Le vert, la couleur de l’espérance… A bon entendeur…

 

Il était une fois… «  La terre et l’univers « ,  par la Cie Yase Tamam / Zahra Sabri (Iran).

Univers blanc et bleu, lunaire. Trois belles comédiennes en longues tuniques amples, foulard immaculé enserrant leur visage, revisitent avec la scénographe Zahra Sabri, sept des 424 contes spirituels du « Mesnevi », legs du poète soufi Djalal al-Din Rumi (XIIIe siècle).

la terre et l'univers

Manipulant de petites figurines de laine ou de tissu, semblant parfois sortir des pans mêmes de leurs robes, comme enroulées dedans, elles font vivre une vache impie, un oiseau suicidaire, un prophète à la barbe fleurie ou un simple berger.

L’émotion fut intense pendant les cinquante minutes de cette fable poétique et mystique persane, réservée aux adultes. Même si la langue nous en est étrangère, sa morale « visible » est universelle : à quoi sert de se haïr, de s’entretuer, de chercher à se venger ou à disparaître, quand la quête de bonheur et d’harmonie est commune à tous ? N’avons-nous pas mieux à faire ici-bas ?

Les trois belles nous tendent la main… A l’issue du spectacle, elles nous invitent à les rejoindre sur scène et à entrer dans le cercle marqué au sol de leur magnifique performance.

 

Véronique Blin avec la Compagnie Yase Tamam (Iran)

 

Il était une fois… « Je me souviens «,  par la Compagnie La Boule Bleue /  Eun Young Kim Pernelle (Corée du Sud).

Ce fut, avec le Piémont le « Focus » de cette quinzième édition. Avec quatre spectacles à l’affiche, la Corée du Sud fut à l’honneur. Ancienne élève de l’ESNAM , Eun Young retrace les souvenirs de son enfance à Séoul, à l’aide d’un gigantesque « pop-up », ces livres de carton savamment découpés, dont chaque page fait apparaître un nouveau décor en relief. Elle tourne celles du sien avec un bonheur et une sensibilité qui n’ont d’égal que son talent, immense.

Devant les enfants, attentifs et médusés, elle fait revivre ses parents et ses frères, le quartier de sa jeunesse, le mode de vie qui fut le sien. Reprenant à son compte le célèbre texte de Georges Perec, elle « se souvient » des maisons basses et chaleureuses, des jeux sans fin dans les ruelles, de ses frères allant chercher l’eau et la transportant dans deux grands seaux en balancier sur leurs épaules, des recettes culinaires traditionnelles, comme ce « Gim-Chi », incontournable « arme secrète » de la cuisine coréenne.

Aujourd’hui, elle ne reconnaît plus rien : les maisons basses sont remplacées par des tours immenses ; les bruyants échangeurs autoroutiers ont fait taire les rues tranquilles et, rien que dans son quartier, trois lignes de métro effacent les bienfaits de la marche à pied…

Je me souviens

photo Véronique Blin

D’emblée, avant que ne s’éclaire la scène, Eun Young s’adresse aux plus petits, installés, comme il se doit, dans les premiers rangs : « Comment s’appelle votre école ? Je me souviens, quand j’étais petite, comme vous. Alors, on va faire comme ça : si on rit, ça va ; si on pleure, ça va ; si on a envie de parler… on attend la fin ! D’accord ? ». Ils sont d’accord… Derrière eux, les « grands », à savoir parents et professeurs, sont sages comme des images… Chuuut… La magie opère… Avec sa complice, Eun Young Kim Pernelle tourne doucement les jolies pages de sa mémoire…

 

Il était une fois… « Braquage »,  par la Compagnie Bakélite.

Tout est minuscule, sombre et décalé dans ce faux « polar » joyeusement déjanté. Roi de la « bidouille » et de l’objet décalé, Olivier Rannou décrypte pour nous, à sa façon, le mode d’emploi idéal d’un casse réussi : dans un hangar improbable, encombré d’étagères métalliques et éclairé de sa seule lampe torche, le « voleur » masqué, en combinaison et casque de plongée, cherche un coffre-fort…

Du fouillis indescriptible de fils électriques entrelacés, de bouteilles vides de produits d’entretien en plastique plus ou moins renversées, de peluches abandonnées et crasseuses, surgit le son d’une sirène de police… Il semble provenir d’un sac poubelle… et s’y trouve ! Le voleur  en extrait une voiture miniature, tous gyrophares  allumés et sirène hurlante… et l’ éteint !

Tout est comme ça d’un bout à l’autre de cette escapade délirante. Alliant à son imagination débridée une souplesse hors du commun, Olivier Rannou accumule  inventions burlesques et situations hallucinantes.

Avec son ami le petit « Billy pas de chance », qui jaillit de son propre ventre en un « accouchement » inénarrable, ils transformeront les bouteilles de plastique en buildings new-yorkais éclairés de l’intérieur, escaladeront les étagères comme des funambules acrobates, atteindront le fameux coffre… rempli de chemises hawaïennes !

Qu’à cela ne tienne ! Qui dit chemises à fleurs dit cocotiers et sable fin ! Un peu d’eau dans un vieux tube abandonné fera l’affaire pour fabriquer un beau tuba ! Il ne leur manque plus que les palmes…

Il  était une fois…  « La Boîte »,  par la Compagnie  Taiyuan puppet Theatre  de Taïwan et celle des Zonzons de Lyon.

Tout commence par une visite « vidéo » de ces deux pays : sur les quatre faces d’une énorme boîte de 4 mètres de haut, pivotant sur 360 degrés, se répondent en duo, projetées sur ce quadruple écran, des images de Taïpei et celles de notre centenaire « Guignol de Lyon ». Des traditionnelles et multiples bicyclettes asiatiques à leurs marchés ouverts, chaleureux et bruyants ; des incontournables « coups de bâton » infligés par Guignol à Niafron, son souffre-douleur et victime consentante à sa succulente et récurrente fable du « pot de confiture », autant de clins d’œil savoureux en guise de « mise en bouche ».

La Boîte

photo Pierre Sabatier

Puis « la Boîte » s’anime de l’intérieur  et une succession de tableaux font vivre, à tour de rôle, les spécificités marionnettiques de chacune des deux compagnies, complices de ce spectacle. Tantôt comédiens marionnettistes de taille humaine, tantôt marionnettes à gaine lyonnaises et chinoises, rivalisent d’ingéniosité pour nous exposer leur savoir-faire réciproque, en racontant l’histoire de l’amour naissant entre la blonde Marie et je jeune taïwanais Aki. Tentatives ratées de faire accepter leur attirance l’un pour l’autre ; opposition initiale des familles ; cultures à des années lumière l’une de l’autre… L’amour triomphera, bien sûr, mais à quel prix !

Accompagnés de bout en bout par es accords « live » de trois musiciens fantastiques (Cheyi Lee, Schihneng Chang, Patrick Guillot), les protagonistes échangent peu à peu leurs personnages et leurs marionnettes, jusqu’à une « confusion des genres » hors du commun, porteuse d’un bien joli message…

La Boîte

photo Pierre Sabatier

La Boîte

photo Pierre Sabatier

Nous avons eu la chance de rencontrer Philippe Auchère, Stéphanie Lefort, pour les zonzons et Robin Ruizendaal pour le Taïyuan Puppet Theatre, metteurs en scène de ce superbe tour de magie à deux voix. Grâce à eux et leur compagnie respective, l’union entre Guignol et le Budaixi est un mariage très réussi !

 

Il était une fois… « La Chair de l’Homme « , d’après six chapitres de l’œuvre éponyme de Valère Novarina, par la Compagnie Tsara d’Aurelia Ivan.

Pour ceux qui ne connaissaient pas Valère, la déception fut grande, car leur « travail » fut double. A la découverte de sa langue, si particulière, il leur fallut adjoindre le décryptage des « installations » y afférant. Pour ceux qui, comme moi, le suivent depuis toujours, la crainte était autre et le doute, certain : était-il seulement « possible » de transcrire en langage marionnettique l’écriture hallucinée et hallucinante de ce poète des mots ?

Balayé, le doute ; envolée, la crainte : la « lecture » qu’en a faite Aurelia Ivan et sa troupe est à couper le souffle de justesse, de finesse et de pure beauté.

Six chapitres, six « tableaux /installations», tel un « Chemin de Croix », que les spectateurs arpentent, de place en place, leur chaise à la main, guidés dans leurs déambulations par un clarinettiste aux mélodies célestes, au cœur d’ une église. Quand on connaît l’attachement de Novarina pour le sacré, voire le religieux, on ne pouvait rêver meilleur endroit pour mettre en « chaire » la Chair de l’Homme.

« Je suis votre présent ; je parle aux mangeants ». Sortent alors de la terre brune du présentoir où ils sont « installés », tout un peuple de petits personnages de bois, branches meurtries aux visages de résine blanche, inquiets, comme aux aguets. Scrutateurs du monde, ils s’interrogent…

La Chair de l'Homme

« Je suis Jean sans mots, le passager du temps ». Une sorte de manège forain fait suite à cette réflexion d’ordre végétal . Telles des autos tamponneuses,  des sacs de sable montés sur poulies, d’abord disparates puis rassemblés, mettent en mouvement des mobiles porteurs de mots/sobriquets, matière première du travail de Novarina. Par leurs oscillations ascensionnelles ou descendantes, ces farandoles verbales donnent peu à peu le vertige, avant de replonger pour de bon leurs racines dans le sol, enfin apaisées.

« Dieu gîte là où on le laisse entrer ». Un retable ; un tabernacle ; une chapelle : entre surgissements de sons, de mots, enchevêtrements de syllabes orphelines ou litanies latines, la parole se fait chair et dit de l’Homme son infinie solitude et sa quête insatiable de sens.

Pas franchement gai, me direz-vous ? Détrompez-vous ! En deux heures de temps, la Compagnie Tsara, par cette déambulation visuelle au cœur même de l’écriture de Valère Novarina, nous implique positivement et nous invite à partager ce jaillissement verbal d’interrogations au monde.

« Allez dire au monde que le réel est bien vivant ! », nous enjoint Valère. C’est tout le bien que je nous souhaite : que les « mangeants » que nous sommes tous aient un solide appétit ! De vivre.

 

Outre les deux spectacles déjà traités dans notre papier d’ouverture ( cf. 15e Festival Mondial des Arts de la Marionnette : Plein de petits rien et Alice sous la théière), il y eut, bien sûr, foison d’autres découvertes et belles rencontres, ainsi que de nouveaux rendez-vous avec  des compagnies fidèles du festival : « Les incontournables », qu’on ne présente plus… Telle  la Cie allemande Figuren Theater de Tübingen et son somptueux Salto. Lamento , que l’on pourrait traduire par « La mort était en blanc » et non par « La mariée était en noir »… Ou bien la troupe flamande Theater Taptoe, qui nous fit hurler de rire avec Geneviève… si chaste, si pure. Ou encore Les anges au plafond et ses  émouvantes marionnettes à taille humaine dans Une Antigone de papier.

Geneviève... si chaste, si pure

photo Véronique Blin

Figuren Theater

photo Klaus Kuhn

Enfin, comment résister au charme de Garin-Trousseboeuf et leurs marionnettes en sacs de riz tellement expressives dans Le Castelet de Josette ?

Antigone de papier

photo Vincent Muteau

Le Castelet de Josette

photo Véronique Blin

Côté découvertes, outre la Corée du Sud (à quand celle du Nord ?… Faisons un rêve…), ainsi que la Cie piémontaise Teatro dei Sensibili de Guido Ceronetti et son délicieux , collage délirant de textes poétiques, de ballades et de chansons accompagnées par l’orgue de barbarie Lola, saluons le superbe travail de la Cie chilienne Maleza et son très surprenant et dérangeant Broussailles qui, mariant cinéma d’animation et théâtre, relate l’histoire triste d’une jeune fille séquestrée dans une maison au sud du pays.

Broussailles
Nous sommes fragiles, Nous dégainons de la poésie

 

 Enfin, dédions un chaleureux clin d’oeil à La Puppetstub, qui réitéra sa venue à Charleville, sous la houlette de Véronique Ijnès. Panaché de sept compagnies d’Alsace et de Lorraine, auxquelles s’adjoignirent des invités surprise, la douzaine de spectacles présentés, dont cinq créations, constituèrent l’un des  temps forts de l’édition 2009, autour de la jeune création.

Contraction de l’anglais « Puppet » et de l’alsacien (Wyn) « stub », très conviviaux bars à vin régionaux, la Puppetstub a porté à son sommet l’acception du terme, en nous offrant, en guise de clôture de sa prestation, une formidable « soirée-cabaret », réunissant quelques extraits de spectacles réjouissants dans le jardin du Forum et s’achevant au bar, autour d’un verre, au son dansant de la Musique des Balkans de Place Klesmer. Tchin… !

 

Nous laisserons le mot de la fin au théâtre de rue, par la voix et le jeu de ce fantastique petit clown/marionnettiste qui, à l’angle de la rue du Petit-Bois et de la Place Ducale, réussit l’exploit, jour après jour pendant toute la durée du Festival, de ne jamais se lasser de répéter en boucle sa facétie minuscule, pliée en deux minutes, pour la plus grande joie de tous, à commencer par la sienne : « Vous aimez les blagues ? » :

Une boîte de bois est posée sur un socle, devant lui ; la pointe d’une scie découpe de l’intérieur un cercle dans le couvercle ; une fois soulevé, la tête hirsute d’un petit gnome rigolo, mi-furet, mi-rat des villes tout ébouriffé apparaît et se hisse hors du trou. Il nous regarde, comme surpris de nous voir si nombreux autour de lui et plonge dans la boîte pour en extraire un petit coffre, qu’il hésite à ouvrir. N’y tenant plus, nous surveillant malicieusement du coin de l’œil, la marionnette coquine fait sauter le loquet : une pluie de confettis s’abat sur la boîte et sur lui qui, plié en deux, pouffe à s’en casser les côtes, du bon tour qu’il nous a joué… Ecroulé de rire à son tour sur son petit personnage, le clown se tient le ventre et parvient, entre deux hoquets, à nous annoncer que…

C’EST FINI !

 Êtes-vous si sûr ? Quel dommage ! Mais… A  très  bientôt, Charleville-Mézières !

 

Véronique Blin