InterCineTh

Charleville 2009 Braquage

  par la Compagnie Bakélite.

Tout est minuscule, sombre et décalé dans ce faux « polar » joyeusement déjanté. Roi de la « bidouille » et de l’objet décalé, Olivier Rannou décrypte pour nous, à sa façon, le mode d’emploi idéal d’un casse réussi : dans un hangar improbable, encombré d’étagères métalliques et éclairé de sa seule lampe torche, le « voleur » masqué, en combinaison et casque de plongée, cherche un coffre-fort…

Du fouillis indescriptible de fils électriques entrelacés, de bouteilles vides de produits d’entretien en plastique plus ou moins renversées, de peluches abandonnées et crasseuses, surgit le son d’une sirène de police… Il semble provenir d’un sac poubelle… et s’y trouve ! Le voleur  en extrait une voiture miniature, tous gyrophares  allumés et sirène hurlante… et l’ éteint !

Tout est comme ça d’un bout à l’autre de cette escapade délirante. Alliant à son imagination débridée une souplesse hors du commun, Olivier Rannou accumule  inventions burlesques et situations hallucinantes.

Avec son ami le petit « Billy pas de chance », qui jaillit de son propre ventre en un « accouchement » inénarrable, ils transformeront les bouteilles de plastique en buildings new-yorkais éclairés de l’intérieur, escaladeront les étagères comme des funambules acrobates, atteindront le fameux coffre… rempli de chemises hawaïennes !

Qu’à cela ne tienne ! Qui dit chemises à fleurs dit cocotiers et sable fin ! Un peu d’eau dans un vieux tube abandonné fera l’affaire pour fabriquer un beau tuba ! Il ne leur manque plus que les palmes…

Véronique Blin