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20e GIBOULEES de la MARIONNETTE

Théâtre Jeune Public de Strasbourg (TJP)

20 – 28 mars 2009

 

Quand on apprend que Grégoire Callies, Directeur du TJP de Strasbourg, a dû dans sa jeunesse traduire en latin le « Programme National de la Résistance » pour plaire à son vieux professeur  (lequel avait été en son temps haut responsable des maquis du Vercors),  nul doute que l’on a affaire à quelqu’un de courageux, d’opiniâtre et de persévérant,  qui ne recule  devant aucun effort  pour satisfaire son auditoire ! 

D’année en année,  avec sa complice Secrétaire Générale Murielle Chevalier , ainsi que toute l’équipe généreuse et soudée qui l’entoure,  il se soucie d’être « raccord » avec son temps, c’est-à-dire le nôtre.

 L’âge réel  des « Giboulées » est christique :  33 ans… Mais nous ne soufflons cette année que les vingt premières  bougies de ses différentes éditions, car, comme dans la vie, il y eut des années  « avec »  et d’autres « sans »…

Puisqu’il s’agit ici, par essence, de propositions marionnettiques, toutes formes confondues (comédiens, manipulateurs, ombres, matières, vidéos…), de leur élaboration, construction, réalisation  jusqu’à leur présentation au public,  quelle « caisse à outils » le TJP nous invite-t-il  à ouvrir cette année ? Pour sûr, comme toujours, ceux de ces objets et de ces formes qui aident l’univers de la marionnette à « chercher  son devenir humain ».

Claire Chevalier dans Alice sous la Théière

Photo Aurélien Fernando

De dix-huit mois - Plein de (petits) rien, Cie Lili Désastres - à plus d’âge (tous les autres spectacles…) ;  de Compagnies  majeures et confirmées  en jeunes émergentes  à découvrir ;  de l’ incontournable  Jean-Pierre Lescot et son somptueux  Pinocchio à la délicieuse Cie nouvelle venue, Des Elles au bout des doigts  qui, sous la houlette de Claire Chevalier, revisite – très – librement Lewis Carrol avec Alice sous la théière, en passant par le réjouissant et clownesque Cabaret Capharnaüm, offert par la dernière promotion  de L’Institut International de la marionnette à Charleville-Mézières,  mille excellentes  raisons de séjourner ici. Sans oublier, bien sûr, l’invitation du maître des lieux, Grégoire Callies, à prolonger son superbe voyage aux côtés de La petite Odyssée (1 et 2).

La petite Odyssée 1

Photo Benoît de Carpentier

Valent également le détour nos amis venus d’ailleurs : à commencer  par le cher Théâtre du Sous-marin jaune, au Québec, dont le trio fondateur constitué de Jacques Laroche, Antoine Laprise et Guy Daniel Tremblay, accompagnés ici de Beatrix Ferauge et Sandrine Versele du Théâtre de l’Eveil,  nous propose - après  le passionnant  Discours de la méthode,  d’après Descartes,  offert aux Giboulées en 2006 – d’aller rendre visite  à Michel de Montaigne  avec sa magistrale, musicale, vidéastique et très pédagogique manière d’interpréter  Les Essais. Revient aussi cette année le néerlandais Neville Tranter,  star en son pays et partout.  Après le fascinant Vampyr,  les lapins de son formidable Cuniculus. Saluons aussi le flamand/belge  Théâtre de MAAN, qui nous susurre joliment à l’oreille, s’adressant à nos yeux,  Regarde ce que je sais faire.  Enfin, en clôture,  outre Israël qui présentera  Orlando d’après Virginia Woolf, dans l’adaptation et la mise en scène d’Amit Drori, l’Estonie fera samedi prochain, le 28, la « sortie » de  cette jolie marche  hebdomadaire,  par l’ « entrée » : le Théâtre  de marionnettes de Tallin nous montrera,  avant Le vieil homme et la louve,  les nombreuses et périlleuses qualités qu’exige ce métier magnifique avec  L’ABC du marionnettiste.  Vaste sujet et belle conclusion !

La petite Odyssée 2

Photo Jean Von Cramer

 Inaugurée en plein soleil, sous le regard attentif et muet des superbes marionnettes  et décors de Jean-Baptiste Manessier, dont l’exposition vous ouvre son cœur, ses portes et vous tend les bras au CUS, Place de l’Etoile, ainsi qu’à la Petite  Scène du TJP, la vingtième  édition  du désormais  annuel et remarquable  rendez-vous strasbourgeois  de la marionnette  vous réjouit le corps et l’âme. Nul doute qu’une fois de plus, elle laissera son empreinte  gravée au plus profond de nous.

D’aucuns font, dit-on, « feu de tout bois ». La marionnette, elle, en bois ou non,  fait « théâtre de tout » . Le temps était au beau en début de « Giboulées » ; comme son nom l’indique, celui du Festival pourrait changer, c’est la saison ! Quel que soit l’état du ciel, profitez de cette belle semaine pour voyager en poésie. Demandez le programme !

 Véronique Blin