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PLEIN de PETITS RIENS

Compagnie Lili Désastres

Avec des extraits de l’Ursonate de Kurt Schwitters

Mise en scène : Emmanuelle Zanfonato

Inspiration : Francesca Sorgato

Avec Emmanuelle Zanfonato

Scénographie et Lumière : Flop

 

Tout public dès 18 mois

Durée : 40 minutes

 

Qu’en diraient les bébés ?

 

Une silhouette repliée, arrondie tel un fœtus, est tapie dans l’ombre en bordure d’un cercle impeccablement blanc. Très lentement, le corps se déplie et entame une sorte de reptation  vers la lumière… Quelle lumière ? Celle, naissante elle aussi, qui se dessine peu à peu dans l’obscurité : comme venue du ciel, une ampoule électrique  descend  doucement  vers le sol, où semble l’attendre  le ravissant bonzaï  d’un arbre à futures fleurs. Ici, tout est donc petit,  à naître,  sur le point de venir à la vie.

 Cet « accompagnement » quasi fœtal, qu’en pensent ces tous petits, attentivement  installés autour du tapis blanc ? Mystère… Pour nous, adultes les entourant dans cet espace paisible et silencieux, les souvenirs sont lointains… et pourtant… Nous voilà pris à notre tour par cette ambiance ouatée,  cette pénombre salutaire, telle une halte bienfaitrice  loin du tumulte alentour.  C’est alors que, peu à peu, on se surprend, presque malgré soi, à prêter attention  à ce langage qu’on ne connaît pas, sorte d’addition de douces onomatopées et autres borborygmes, de mélopées étranges, d’objets et de sons venus d’outre quelque-part, où les petits semblent, en tout cas, fort bien se retrouver.

De la feuille de papier de soie devenant oiseau léger ou papillon voletant au-dessus des têtes, aux minuscules chaussures articulées  pour l’apprentissage de la marche ;  de l’arbre nain posé sur la tête de la comédienne-danseuse-chanteuse Emmanuelle Zanfonato avant de glisser sur le sol, à son ombre projetée du ventre de la femme allongée  vers la feuille volante  qui passe à ce moment précis,  autant de signes, de paraboles et de sensations  partagés, qui nous transportent  tous : du ventre de la terre  vers le ciel grand ouvert.

 Cette invitation au voyage vers un monde infini et merveilleux, Francesca Sorgato et Emmanuelle Zanfonato la concoctent  avec précaution et délicatesse. Et si le fait de s’adresser ainsi à la chair naissante  de nos chairs  souvent  « fatiguées » nous permettait, à nous adultes, de revenir à l’essentiel,  à l’origine de notre appréhension du monde ? Et si, finalement, les bébés avaient raison ?

Photos : Agnès Desfosses

 Véronique Blin