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Entrons dans la « Danse »
Danseur et chorégraphe, Directeur depuis 2009 du Centre chorégraphique National de Rennes et de Bretagne, c’est donc Boris Charmatz qui est l’ « artiste associé » de cette 65e édition du plus grand Festival de Théâtre du Monde.

Boris Charmatz
photo Ilka Kramer
Deux spectacles sous son égide jalonneront le parcours des festivaliers : Enfant, du 7 au 12 juillet, pour 9 danseurs et 27 enfants de 6 à 12 ans, qui ouvrira les portes de la mythique Cour d’Honneur du Palais des Papes et, plus tard, du 16 au 18, la pelouse du Stade de Bagatelle accueillera 24 de ses danseurs pour trois soirées exceptionnelles de reprise de sa Levée des Conflits, créée en 2010.

Enfant
Photo Boris Brussey
Enfin, son rêve d’ Une école d’art : à l’instar du Centre chorégraphique national qu’à peine élu Directeur, il a aussitôt baptisé « Musée de la Danse », Boris Charmatz aspire à un dépoussiérage généralisé, souhaitant « rassembler, en un seul mouvement, le patrimonial et le spectaculaire, la recherche et la création, l’éducation et la fête, l’ouverture à des artistes singuliers et le désir de faire œuvre collective ». Loin de l’image figée, immobile, trop souvent accolée à celle d’un musée, le sien porte l’espoir d’un perpétuel mouvement, où les échanges nourrissent et les idées fusent. Belle idée… du 6 au 26 juillet à l’école d’art d’Avignon (expositions) et à la Salle de Chamfleury (sessions Poster).
Autour de lui et en étroite complicité avec Hortense Archambault et Vincent Baudriller, Directeurs du Festival, un aréopage d’artistes de France, de Navarre et d’ailleurs, viendront présenter leur travail dans les différents lieux dévolus à la création de ce rendez-vous annuel incontournable.
C’est ainsi que leurs choix communs se sont arrêtés, entre autres, sur la récente création de Patrice Chéreau I am the wind , de Jon Fosse, en anglais surtitré à la Cour du Lycée St Joseph du 8 au 12 ; sur celle de Patrick Pineau, Le Suicidé de Nicolaï Erdman, dans l’impressionnante Carrière Boulbon du 6 au 15 ; lieu incroyable et majestueux (immortalisé il y a plus de vingt ans par l’inoubliable Nuit du Mahabharata de Peter Brook), réinvesti en fin de parcours, du 20 au 25, par Wajdi Mouawad et ses Trachiniennes, Antigone et Electre de Sophocle, réunies sous le titre Des Femmes.

Mademoiselle Julie
Photo Christophe Raynaud de Lage
Ne pas manquer non plus Mademoiselle Julie de Strinberg, revisitée par Frédéric Fisbach en une longue traversée du 8 au 26 (attention aux jours de relâche !), ni le diptyque d’E. Vigier et M. Di Fonzo Bo, L’Entêtement et La Paranoïa de Rafael Spregelburd, du 8 au 15 à la Salle de Spectacle de Vedène (attention aux horaires !). Enfin, ne pouvant citer ici tous les spectacles théâtraux (cf. le programme !), parlons d’amour avec Pascal Rambert et sa Clôture de l’amour, du 17 au 24 à la Salle Benoît XII.
Côté Danse, si la vedette est laissée à Boris Charmatz, soyons attentifs aux longues soirées proposées par les metteurs en scène chorégraphes américains Kelly Copper et Pavol Liska , en deux épisodes surtitrés en anglais et français de 19h à 2h du matin au Cloître des Célestins, du 9 au 16. Mise en musique et chantée à l’image d’un music-hall, chorégraphiée au millimètre, Life and Times (chronique d’une vie) relate par le menu une conversation téléphonique de seize heures…
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Life and Times (Chronique d'une vie)
Photo Reinhard Werner-Burgtheater
Avignon est aussi le lieu et l'occasion de beaux anniversaires. Ensemble, soufflons les bougies des 40 ans de Theâtre Ouvert, magistrale friche de nouveaux talents mis au jour par l'attention conjointe et passionnée de Micheline et Lucien Attoun.
Bon Festival à tous !
Véronique Blin