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de Miranda July

La scène de départ est délicieuse : un garçon et une fille se font face. Ils sont allongés sur un canapé, pieds et jambes bien enlacés, entortillés et chacun a son ordinateur sur les genoux, négociant des petits boulots sur Internet. Mais, trêve d’idylle : un chat va arriver dans leur vie réglée : Ils l’ont adopté. Le chat, cependant, doit rester dans une sorte de SPA, où il faudra le soigner. Quand ils pourront le récupérer, il n’aura plus que quelques mois à vivre. C’est, en tous cas, ce qu’on leur avait dit. En allant là-bas, ils apprennent que ce n’est plus le cas : avec des soins appropriés, le chat pourra vivre des mois, voire des années. Cette nouvelle crée la panique chez nos trentenaires tranquilles. Leur vie va-t-elle être réglée par ce qui arrive au chat et pas du tout par ce qu’ils désirent faire ou réaliser ? S’il leur reste donc un mois à vivre leur vie la plus intense et la plus libre, alors il va falloir commencer tout de suite. Ils arrêtent leur abonnement Internet et expérimentent un travail nouveau, créatif. Ils vont sortir de la maison, se laisser emporter par les envies du moment, arrêter de planifier repas et sorties, bref changer radicalement de vie.
Mais ce chat va aussi changer de vie en venant chez eux !
Le gag récurrent est le suivant : ce chat parle. On n’entend pas seulement les deux jeunes mariés discuter de leur vie FUTURE, le chat aussi réfléchit à ses activités futures, qu’il passera sous la bonne garde de ces deux personnes non « choisies », mais qu’on lui impose.
Le chat parle d’une voix très enrouée, très bizarre. Sa personnalité survivra et s’interrogera au-delà de cette expérience, au-delà de la vie.
The Future est un film charmant, à la fois profond et superficiel. L’élément absurde et ludique, composante dominante du premier film de Miranda July qui nous avait enchantés, Toi, moi et tous les autres, est ici réduit et sacrifié aux rebondissements du récit. Mais l’ensemble est néanmoins une réflexion plaisante et drôle sur les impondérables de la fantaisie de la vie.
Heike Hurst