
En octobre 1927 souvre à New-York le célèbre procès du sculpteur Constantin Brancusi contre lAmérique, lartiste sinsurgeant contre le fait que son oeuvre «LOiseau dans lespace» ait été taxé en douane comme un produit manufacturé, un objet commercial et non comme une oeuvre dart, unique, destinée à une exposition. Artistes, critiques et collectionneurs vont témoigner en sa faveur durant de longs mois : en novembre 1928, Brancusi obtient gain de cause et sera remboursé de la somme trop versée.
La question posée est denvergure; le traitement quen a fait Eric Vigner, discutable, le seul vrai point positif étant quil ne montre jamais, ni ne cherche à montrer, par quelque «effet» que ce soit, loeuvre en litige. Ce qui laisse fort heureusement en son entier le problème de savoir ce qui détermine une oeuvre dart et la qualité de son auteur : artiste professionnel ou amateur occasionnel. Pour le reste, cest-à-dire lessentiel, la mise en scène exclusivement transversale laisse à penser quEric Vigner sest uniquement préoccupé du lieu qui lui incombait : la salle du Conclave du Palais des Papes, toute en longueur, gradins de spectateurs de part et dautre dun mince couloir, se prête mal aux séances dun tribunal. Vigner sen est «trop» contenté et les déambulations longitudinales de ses protagonistes engendrent et installent le tournis, le vertige puis lennui davantage que lattention. Dommage ! Nous étions partants (et partis) pour un débat de fond dimportance; nous nassistons quà une joute molle, bien que marathonienne, histoire doccuper lespace, coûte que coûte.