Sept garçons et cinq filles, tous dominés ou en tout cas impliqués dans le parcours de Paul, vingt-neuf ans (Mathieu Amalric), maître-assistant à Nanterre. Paul sennuie, ne veut pas devenir professeur à part entière, voudrait changer de métier mais ne fait rien pour, habite avec son cousin Bob (Thibault de Montalembert) et sort avec la même fille depuis dix ans, Esther (Emmanuelle Devos). Paul a bien une aventure avec Patricia (Chiara Mastroianni), mais cest la fiancée de son meilleur ami Nathan (Emmanuel Salinger) et il répugne à «prendre» la fille de son pote.
Chassé-croisé de sentiments contradictoires, «fragments dun discours amoureux» ou, plus simplement, commencement dune vie dhomme, le troisième film dArnaud Desplechin après «La vie des morts» et «La sentinelle», est un savoureux melting-pot dego et daltruisme, dair de ne pas y toucher et denvie daller vers les autres, bref, le portrait soigné dune génération en plein devenir, dominée par les atermoiements dun petit prof de banlieue parvenu à un tournant de sa vie. Les plans, volontairement et savamment minimaux, hâtent cette course vers demain, et linterprétation magistrale que fait Mathieu Amalric de Paul défait, hagard et terriblement dans la lune marque cette quête somme toute bien hasardeuse. Le jeu des autres comédiens et la caméra très mobile de Desplechin font le reste, à savoir un véritable festival dallées et venues filmées avec passion. Passion contagieuse.