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« Basquiat », de Julian Schnabel

Du tag au pinceau; de la rue à la reconnaissance mondiale

basquiat

Jeffrey Wright,David Bowie,Gary Oldman et Dennis Hopper

Il vivait dehors, dormait dans une boîte en carton et inscrivait sur les murs de New-York des phrases qu’il signait d’une étrange couronne. Enfant de la rue, Jean-Michel Basquiat (Jeffrey Wright) subsistait en vendant quelques dessins aux passants. Jusqu’au jour où ses pas croisèrent ceux d’Andy Warhol (David Bowie), qui l’introduisit dans le milieu artistique américain. Sa notoriété ne fit alors que grandir et, mort à vingt-sept ans d’une overdose d’héroïne, il laisse derrière lui une oeuvre que s’arrachent les collectionneurs du monde entier.

Julian Schnabel, peintre lui-même, a voulu rendre un vibrant hommage à cet artiste hors du commun. En retraçant sa vie, il nous fait pénétrer le monde très fermé de l’art, ses pratiques et ses lois. Parmi elles, celle du succès est remarquablement étudiée par Schnabel. Car derrière le tourbillon de cette célébrité si vite acquise, Basquiat cachait une immense solitude, qui peut en partie expliquer son geste fatal. Mais qu’on ne s’y trompe pas : « Basquiat » n’est pas un film amer, loin s’en faut. C’est bien au contraire une sorte d’hymne à la vie que Schnabel signe ici. Une vie trop courte, mais qui a visiblement gagné l’admiration de son « confrère » en peinture. Sentiment qu’il nous fait passionnément partager.

Véronique Blin


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