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« Hollow Reed » (Une vie normale))

de Angela Pope

Prix du Public Dinard 96

photo
Sam Bould et Jason Flemyng

Et que justice soit faite

On redoute souvent de faire appel aux instances judiciaires étatiques, craignant que la loi des hommes ne soit qu’un bien faible recours à nos tourments. Dans son second long métrage après «Captives» en 1994, Angela Pope s’attache à nous démontrer le contraire, en empruntant un chemin pourtant bien difficile, fragile, surtout semé de préjugés, d’à-prioris stupides, solidement ancrés dans notre civilisation dite moderne. Elle se bat ici pour établir le constat poignant que la loi du plus juste peut parfois triompher de celle du plus fort.

S’appuyant sur une histoire vraie, elle décrypte avec patience et minutie les atermoiements de Martyn (Martin Donovan), médecin homosexuel vivant avec son compagnon Tom (Ian Hart) et père divorcé d’un garçon de neuf ans, Oliver (Sam Bould), avant de s’en remettre à la justice de son pays pour en demander la garde. Soupçonnant le compagnon de son ex-femme Hannah (Joely Richardson), Frank (Jason Flemyng), d’être à l’origine des nombreux coups et blessures infligés à son fils, il aura bien du mal à imposer la vérité et obtenir gain de cause. Et nous, grâce à la caméra sincère d’Angela Pope et au jeu bouleversant de tous les comédiens, jurés cinéphiles d’un procès très contemporains, on est plus qu’attentifs à l’enchaînement des audiences et à l’énoncé du verdict. Un film prenant de bout en bout.


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Véronique Blin