
On redoute souvent de faire appel aux instances judiciaires étatiques, craignant que la loi des hommes ne soit quun bien faible recours à nos tourments. Dans son second long métrage après «Captives» en 1994, Angela Pope sattache à nous démontrer le contraire, en empruntant un chemin pourtant bien difficile, fragile, surtout semé de préjugés, dà-prioris stupides, solidement ancrés dans notre civilisation dite moderne. Elle se bat ici pour établir le constat poignant que la loi du plus juste peut parfois triompher de celle du plus fort.
Sappuyant sur une histoire vraie, elle décrypte avec patience et minutie les atermoiements de Martyn (Martin Donovan), médecin homosexuel vivant avec son compagnon Tom (Ian Hart) et père divorcé dun garçon de neuf ans, Oliver (Sam Bould), avant de sen remettre à la justice de son pays pour en demander la garde. Soupçonnant le compagnon de son ex-femme Hannah (Joely Richardson), Frank (Jason Flemyng), dêtre à lorigine des nombreux coups et blessures infligés à son fils, il aura bien du mal à imposer la vérité et obtenir gain de cause. Et nous, grâce à la caméra sincère dAngela Pope et au jeu bouleversant de tous les comédiens, jurés cinéphiles dun procès très contemporains, on est plus quattentifs à lenchaînement des audiences et à lénoncé du verdict. Un film prenant de bout en bout.