InterCineTh

« Sleepers », de Barry Levinson

La revanche du passé


De Niro dans Sleepers

De Niro dans Sleepers


Le Comte de Monte Cristo; le livre préféré de Lorenzo, dit «Shakes» pour son amour des bouquins (Joe Perrino). Avec Michael (Brad Renfro), John (Geoff Wigdor) et Tommy (Jonathan Tucker), ils forment un quatuor indéfectible au sein de l’école des «Holy Angels», dans la banlieue pauvre de New-York, réservée aux enfants de familles à problèmes. Dirigée par le Père Bobby (Robert de Niro), elle tente de donner aux élèves un peu de joie de vivre ainsi qu’un but dans l’existence. Ce qui n’empêche nullement les quatre gamins d’accumuler les bêtises, jusqu’au jour où, ayant dérobé le chariot d’un vendeur de hot-dogs et lui ayant fait dévaler les escaliers du métro, ils manquent de tuer un homme. Enfermés pour un an dans une maison de correction, ils feront l’irréversible et rude découverte de la torture, des humiliations et du viol, sous la houlette du chef des gardiens Sean Nokes (Kevin Bacon). Onze ans plus tard, pour Shakes (Jason Patric), Michael (Brad Pitt), Tommy (Billy Crudup) et John (Ron Eldard), appuyés par le Père Bobby et le soutien juridique de l’avocat Danny Snyder (Dustin Hoffman), l’heure de la revanche a sonné...

Tiré du roman de Lorenzo Carcaterra, le propos de Barry Levinson est simple : montrer l’engagement que suscite une amitié construite dès l’enfance. Cette simplicité est le maître mot qui domine toute cette oeuvre du réalisateur de «Rain Man». Celle des images, de la mise en scène et du jeu des acteurs. Sobre et juste, tant celui des jeunes comédiens inconnus que celui des mêmes à l’âge adulte, stars confirmées et adulées, incite au respect. Robert de Niro et Dustin Hoffman, quant à eux, sont éblouissants dans leur rôle respectif. Si tout l’épisode de la maison de correction est terrifiant de violence et de sadisme, il est comme irradié par la lumière de cette amitié formidable et, même si ces jeunes ados sont à jamais marqués par cette méchanceté gratuite, on sent poindre un espoir à l’horizon de leur enfer. Cet espoir que Levinson met superbement en lumière et qui vous porte, au-delà du tragique de situation, vers une forme de rédemption.

Véronique Blin


Autre critique
Retour á InterCineTh
© / Commentaires: cineth@idesys.fr