
Il ne s'agit certes pas ici de faire passer le plus grand éditeur de la presse pornographique américaine pour un saint. En créant le magazine «Hustler», Larry Flynt (Woody Harrelson) cherchait surtout à se sortir d'un mauvais pas et à remonter la pente : la série de night-clubs qu'il avait créés dans l'Ohio avec son frère Jimmy périclitaient et, avide d'argent, il trouva ce moyen fort lucratif de voir son nom inscrit en lettres d'or tout en haut de l'affiche...
Milos Forman n'avait pas non plus, au départ, une sympathie particulière pour cet individu. C'est son combat, dont il s'est emparé avec la passion qu'on lui connait, pour faire triompher la liberté d'expression sous toutes ses formes, à commencer, peut-être, par la plus outrancière. C'est cette lutte que le cinéaste d'origine tchèque nous montre, avec un aplomb formidable et la partition inoubliable de Courtney Love dans le rôle d'Althea, la muse, confidente, maîtresse et épouse de ce pronographe bousculeur d'idées reçues et pourfendeur acharné du conservatisme puritain U.S. Pour elle et pour le résultat final de cet imbroglio juridique insensé qui le mena jusqu'à la Cour suprême, «Larry Flynt», bien que fleurant un peu trop le consensus, devrait obtenir le vôtre.