
La célèbre et fabuleuse histoire des amants de Vérone transposée aujourd'hui, dans la populeuse ville côtière latino-américaine de Verona Beach, où règnent la terreur, la violence et le crime. A l'instar des héros shakespeariens, deux familles rivales se partagent la cité, les Montaigu et les Capulet. Les deux tourtereaux auront bien du mal à imposer leur amour dans cette tourmente.
L'idée est belle; la réalisation aussi. Comment en effet ne pas faire le triste constat que de nos jours comme hier, les mêmes terribles lois régissent la vie des citoyens. Certes la corruption et les trafics divers ont remplacé les duels fratricides d'autrefois, mais le concept de base n'a pas changé : la notion de pouvoir. Ceux qui le détiennent et ceux qui le subissent. Plaçant haut sa caméra sur les victimes affligées d'un état de fait millénaire, le jeune réalisateur australien devient ici, pour son deuxième long métrage après «Strictly ballroom», le témoin et le chantre du désenchantement. Sous sa houlette pertinente, précise et rapide, Di Caprio et Claire Danes se frayent superbement le chemin de la désobéissance. Bousculant les habitudes de haine pour leur substituer l'amour, Baz Luhrmann signe là un bien beau manifeste.