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50 ème Festival International du Film

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La violence au rendez-vous du cinéma, témoin de son temps

Gilles Jacob, le Délégué Général du Festival, nous a prévenu très vite : Au coeur de la sélection officielle, pas moins de neuf films noirs vont être en lisse. Vitrine indiscutable de l’air du temps qui passe dans le monde, Cannes est le témoin oculaire privilégié d’un état de fait, hélas, planétaire.

Comment faire la fête dans ce contexte et sabler, comme il se doit, le champagne du cinquantenaire ? Ils vont s’y employer, pourtant, les organisateurs : stars et paillettes vont défiler sur la Croisette pour ces deux semaines exceptionnelles, autour du 11 mai, journée phare d’une rétrospective et d’hommages hors du commun, dont le point d’orgue sera la remise de la «Palme des Palmes» par ses pairs, à Ingmar Bergman, qui ne l’a jamais eue, ainsi que le spectacle de Découflé, spécialement conçu pour l’occasion. Palmés d’Or, Prix d’Interprétation Féminine et Masculine, vedettes de tous horizons ayant jalonné ces cinquante années cannoises vont à nouveau gravir les marches du Palais. Le firmament du plus grand festival de cinéma du monde va donc scintiller de mille étoiles.

Gilles Jacob rêve d’un festival qui durerait toute l’année et éviterait ainsi les «doutes et impondérables de la préparation». On lui doit à ce sujet l’invention d’un bien sympathique néologisme : la «fratrasie» , sorte de «fourre-tout décourageant toute tentative de classement» et se situant «entre le cartable d’écolier, le sac de dame, ou une filmo de Raul Ruiz». C’est ce que l’on appelle l’embarras du choix : «choisir, c’est de la peine», a-t’il précisé, «mais c’est aussi «faire» de la peine à ceux qui ne sont pas retenus, forcément, la seule boussole du sélectionneur étant l’instinct et l’émotion». Parmi les élus de ce marathon pré-visionné, vingt sept cinématographies seront représentées, allant, côté français, « du grand spectacle Besson ou du coup de poing Kassowitz au film provincial ou urbain d’un Poirier ou d’un Harel». Pour lui, ces jeunes cinéastes sont «les petits-neveux de Jean Renoir».

Avant lui, cinquantenaire oblige, c’est notre Ministre de la Culture, Philippe Douste-Blazy, qui avait présenté ce cru 97 comme «axé sur la vitalité et la diversité de la création cinématographique française». L’agression dont il vient d’être victime, vendredi, à Lourdes dont il est le Maire, nous privera hélas de sa présence cannoise. Nous lui souhaitons ici, de tout coeur, un prompt rétablissement.

Véronique Blin


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