On l'avait senti, vu, puis dit : le cinéma bouge du côté de l'Angleterre. Il n'est que de regarder celui de ce jeune Peter Cattaneo qui a tout raflé, ou presque, pour se rendre compte de la vitalité, de l'entrain, de l'envie de rire à l'égale de celle de mordre, qui animent la nouvelle génération de ses cinéastes. A l'instar d'un Winterbottom ou d'un Mac Mullen, qui nous avaient déjà régalé l'année dernière, Cattaneo regarde ses concitoyens et porte sur eux un regard incontournable. Tendresse et humour mêlés y côtoient un jugement sans complaisance et une acrimonie certaine contre les travers de leurs pairs insulaires. Bien sûr, l'exemple des aînés leur est salutaire et la rétrospective Mike Leigh en fut cette année l'éblouissante démonstration. Il n'empêche : la jeune cinématographie britannique rue dans les brancards et prend son envol. Du reste, ils sont aidés dans cette démarche fulgurante par un constat qui doit bien laisser notre chauvinisme franchouillard au vestiaire : ils ont les meilleurs acteurs du monde... Ce Stephen Fry, qui emporta le seul Hitchcock encore disponnible, tout blanc celui-là, pour son rôle d' Oscar Wilde dans «Wilde» (par ailleurs film moyen), mérite largement sa récompense et on n'est pas près d'oublier la justesse de son ton ni son extrême sensibilité. Il y a du Shakespeare dans tous ces talents-là. William a pourtant eu son temps... Celui de la relève est assuré.
Véronique et Marcel trinquent avec vous à la santé du 9e Festival du Film Britannique de Dinard à venir. Au revoir, merci de votre intérêt et à bientôt sur Intercineth !

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IdeNET 6 Mai 1996