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Ajami

De Scandar Copti et Yaron Shani 

Un film qui ne vous donnera ni sérénité, ni joie ou bonheur. Ajami commence par un meurtre qui se passe un peu comme dans La vierge des tueurs : une moto jaillit ; deux hommes masqués ; l’un conduit et l’autre tire. Un jeune s’effondre. C’était une méprise. Ce n’était pas ce jeune qui était visé…

Relevé précis d’une société figée dans des guerres de clans qui sont ramenées à des comptes de boutiquiers. Il faut de l’argent pour se faire protéger, des dollars  pour payer l’hôpital, des sommes pharaoniques à réunir que personne ne pourra trouver par un travail honnête. Ce cercle vicieux de la dépendance, de la soumission au clan et à ses chefs,  qui vont évidemment avancer ces sommes fabuleuses et vous tenir à vie à leur botte pour les rembourser…

Qui pourrait supporter cela bien longtemps ? Accepter éternellement d’endurer ces conditions et devenir un brave citoyen au-dessus de tout soupçon ? Il  faut payer pour se faire protéger et il faut ménager la chèvre et le chou pour faire durer la protection. Un bon point cependant pour ce film qui élève la fatalité en règle d’or : il a été réalisé par un israélien et par un arabe/palestinien. Donc un travail en commun où le « mektoub » et le « c’est écrit là haut » font bon ménage. La structure narrative n’est pas inintéressante, mais chaque chapitre en soi est trop long pour réellement accrocher notre attention.  Le point de vue change, certes, mais triste morale de cette triste histoire : les saloperies se pratiquent des deux côtés. Et alors ! Arrêtez le massacre ! Battez -vous pour un autre système de santé et d’assurance maladie ! Ne payez pas quand on vous fait chanter !

Ils ne peuvent pas tuer tout le monde… Il faudra bien en garder quelques uns pour payer les « pots cassés »…

H.H. pour Le Monde Libertaire