Johnny Depp, le charme


Dans " Sleepy Hollow ", de Tim Burton, il tient tête au cavalier sans .

Bienvenue au pays des souvenirs taillés au couteau sur le corps de Johnny Depp ! C'est bien cela, le plus étonnant chez lui : ses tatouages ! Cicatrices volontaires des événements qui jalonnent sa vie, bons ou mauvais, ils sont la mémoire vive de son existence, comme autant de témoins qu'il s'est auto-infligés. Son corps porte ainsi les traces de " Betty Sue ", sa mère, de " Wino forever ", en mémoire de son ancienne petite amie Winona Ryder, d'un chef indien rappelant son sang Cherokee et de toute une bande de petits personnages : " Ma façon à moi de montrer mon journal intime ", dit-il, " mais toujours sans cérémonie, le plus simplement du monde, sans ostentation ".
Avec " Sleepy Hollow ", Johnny signe sa troisième collaboration avec Tim Burton, après " Edward aux mains d'argent " et " Ed Wood ". Conte fantastique sur une des très rares légendes américaines, il suit l'enquête d'un fin limier new-yorkais (Johnny Depp) dépêché dans ce petit village de Nouvelle-Angleterre, afin d'élucider le mystère de cadavres retrouvés sans tête… dont le responsable pourrait être un cavalier lui-même décapité…
Le saviez-vous ? C'est par la musique que Johnny est entré dans la danse, après avoir été vendeur de stylos par correspondance. Montant une quinzaine de groupe, aujourd'hui encore dirigeant le groupe " P ", sa dégaine de rocker et son amour des motos lui valut d'être comparé en Amérique au James Dean des années 90.
Pour ce natif du Kentucky, le 7 juin 1963 à Owensboro, de père ingénieur et de mère serveuse, l'enfance n'a pas été une partie de plaisir : la famille déménageant en Floride, le torchon brûle entre ses parents, son père les quitte lorsqu'il a sept ans, divorce lorsqu'il en a quinze : " Le départ de mon père a été comme un soulagement. Toute cette violence à la maison ! Avec mon frère, on avait chaque jour l'impression que tout allait exploser. Le problème, c'est que ça vous fait grandir très vite, d'un seul coup, plus d'enfance… ". Johnny tourne mal. Blouson noir et voyou, il reconnaît s'être adonné à toutes sortes de drogues. Il n'en sera pas moins, un peu plus tard, star culte de la série TV " 21 Jump Street ". C'est sa rencontre avec John Waters qui marque un premier tournant dans sa vie. Lassé de l'image de beau gosse potiche qui lui colle à la peau, il la fracasse en se déhanchant et miaulant des chansons d'amour mièvres dans " Cry baby ", avec une ironie féroce. Tim Burton le remarque ; il est lancé. Il ne travaillera plus qu'avec des réalisateurs indépendants, comme Emir Kusturica pour " Arizona Dream ", ou Jim Jarmush et son " Dead Man". Jusqu'à sa propre réalisation, " The Brave ", ode rendant hommage aux Indiens, violente lettre ouverte contre l'injustice raciale.
Aujourd'hui, il vit à Paris, depuis deux ans, date de sa rencontre avec Vanessa Paradis, avec laquelle il a une petite fille, Lily-Rose-Melody : " J'ai eu une vie de gitan depuis tout petit, mais là, je me pose. Je me sens davantage chez moi ici qu'en Amérique et tout ce que j'ai fait jusqu'au 27 mai 1999 n'est qu'illusion, exister sans vivre. La naissance de ma fille m'a donné la vie ".
Beau programme en perspective, jusqu'où ? " J'espère bien atteindre quatre-vingt-quinze ans, allongé sur le côté sur une planche en bois, en vieil indien, avec dans la bouche une longue pipe d'opium et à mes côtés, une tonne d'enfants…allez, peut-être bien sans opium ! ".

Véronique Blin

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