Charlotte Rampling, la féline
Doublement à laffiche, dans " Signs and sonder " de J.Nossiter et invitée du Festival de Cinéma de Paris, cette belle croqueuse de films a souvent mal aux dents
" Actuellement, je me lance dans un programme de confort esthétique ", nous confie-t-elle, " mais je peux vous dire que jen ai bavé ! Depuis lâge de huit ans, jai de mauvaises dents. Je nai pas arrêté depuis ; je connais la dentisterie à travers le monde entier ! Les jaquettes qui tombent, les dents qui se cassent juste avant de tourner, la joie ! Je me souviens dun tournage en Roumanie : je tournais le lundi à Bucarest ; le dimanche, je casse une dent ; impossible de trouver un dentiste, la catastrophe ! Jai fini par en dénicher un à lhôpital, aux urgences
".
De famille exclusivement militaire, Charlotte ne compte pas de médecins parmi ses proches, ce qui ne lempêche nullement de porter sur notre médecine française un regard bienveillant : " Je sais que lon dépense beaucoup dargent pour la sécurité sociale, mais selon moi, la façon dont on est traités en France est le système qui marche le mieux dans toute lEurope ! En Angleterre, cest beaucoup plus compliqué ! Il faut parfois attendre deux ans pour une intervention ou une opération importantes ! Après, il y a les assurances et tout ce qui sensuit ; la lenteur est le maître mot là-bas ! A Paris, jai un médecin généraliste charmant en bas de chez moi, dans le même immeuble, cest pratique ! ".
Cette Anglaise native a choisi la France depuis vingt-deux ans, par amour pour Jean-Michel Jarre, son mari, et pour notre pays. Dans le film de Jonathan Nossiter, " Signs and wonders", qui sort mercredi, elle est Marjorie, américaine vivant à Athènes et épouse délaissée par un mari nordique, parti rejoindre une jeune conquête aux U.S.A. Grande voyageuse, Charlotte Rampling sest glissée dans ce melting pot avec la grâce et le talent du caméléon : " Pas étonnant, jai passé mon enfance et mon adolescence à circuler tous les deux ans de caserne en caserne, dans toute lEurope. Jai du reste appris le Français à Fontainebleau, à neuf ans, quand mon père officier y était en poste. Même si je nai jamais eu le temps de me faire de vrais amis en raison de ces séjours trop courts, jaime le brassage des communautés, les différences de culture et dapprentissage de la vie ". Il est vrai que des métissages, elle en a connu dans sa carrière dactrice : de son rôle ambigu dans linoubliable " Portier de nuit " à celui, déjanté, de " Stardust Memories " du grand Allen, ou de " Max mon amour " dOshima à celui-ci, les expériences pullulent de ses changements de peau.
Sa prochaine mue est en cours : sous la houlette de François Ozon, qui a écrit le film pour elle, Charlotte est lépouse dun homme dont la disparition suscite une bien étrange enquête
Véronique Blin