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Abbi Patrix, la Compagnie du Cercle, la Maison du Conte

« Au bout du monde »

Abbi, celà signifie terre en arabe, fils en hébreu, c’est un prénom féminin en bambara, langue vernaculaire africaine qui, à l’instar du wolof, se parle et se comprend dans toute l’Afrique de l’ouest. Plus simplement, plus «nativement» aussi, sa maman norvégienne lui a confié un prénom scandinave, un nom de viking, qui lui va si bien : ce fils de la terre, marin chevronné du langage plaçant la barre très haut, baroudeur des mers et de la terre, infatigable voyageur des mots, Abbi Patrix - actuellement en résidence à La Maison du Conte de Chevilly-Larue où il fait partager son expérience à de jeunes apprentis-conteurs -, a fait de l’oralité son mode d’expression et de partage privilégié, en collaboration avec musiciens et chorégraphes. Le conte, c’est son langage des signes à lui. Abbi, c’est le verbe au bout du corps.
Le signe qu’il nous adresse aujourd’hui est la belle et personnelle prolongation de «Parole», ce superbe «trilogue» ( ?) qu’il avait concocté en 99 avec la chorégraphe Pascale Houbin et le comédien sourd Levent Beskardes, rencontre inoubliable entre la main, la bouche et le pied. S’appuyant de nouveau sur des histoires de partout (ici le conte indien de l’homme qui broyait du noir, un poème de Birago Diop, un autre de Blaise Cendrars, un fragment d’épopée africaine ou le «K» de Dino Buzzati, pour en citer quelques-unes), y glissant les siennes propres, de famille, il nous convie encore à un voyage magique d’une heure trente, sur les ailes de ses chevaux de rêve. S’emparant à bras le cœur de ses chers sanza et tambour sur cadre, ses instruments de base, il scande avec bonheur les mélopées anciennes, comme les doux refrains des historiettes d’enfants, que leur contait sa mère, le soir pour les endormir. Un pur régal. Du cheval à vendre, non pour de l’argent mais pour des mamelles de femme, à l’histoire de l’enfant afghan qui n’a pas eu de chance, allez vite le voir et l’écouter : vous en sortirez grandi, apaisé, attentif et curieux des autres. Jolie leçon.
Après «La Guerre des Corbeaux et des Hiboux», «Le Compagnon», «Les Morts du héros», «Peer Gynt», «Parole» et ce «Bout du Monde» au cours duquel vous apprendrez que la terre est plate et n’est ronde qu’en ses extrêmités…, Abbi Patrix et son frère Erik viennent de créer ensemble la maison d’édition Paradox, consacrée aux œuvres des conteurs, ces «hauts-parleurs» de l’imaginaire, comme l’on dit joliment au Québec. Déjà parus dans la collection conteur en scène, «Au bout du Monde» et «Urgence» de Pépito Matéo. A venir prochainement, trois autres raconteurs d’histoires.
D’autre part, chez «naïve», Abbi édite cinq CD de contes et légendes, à partir du 15 mars prochain, pour (re)découvrir les créations de la Compagnie du Cercle : «Possible Impossible», Petits Contes Nègres pour les enfants des blancs, de Blaise Cendrars ; «L’Ombre du zèbre n’est pas rayée», l’Anthologie Nègre du même auteur ; «La Guerre des Corbeaux et des Hiboux» ; «Contes de Norvège», trolls ; enfin, «L’Histoire de Jésus». Courez vers les bacs !

Véronique Blin

«Au bout du monde» : dimanche 23 février 2003 à 16h à l’Européen, 5 rue Biot 75017-Paris. Tél : 01 43 87 97 13
28/02/03 : Théâtre de Rungis
26/04/03 : Théâtre Jean Vilar de Suresnes ; 16/05/03 : Théâtre Firmin Gémier d’Antony
«Conteur en scène» : format 13,5 x 21,5 ; 128 pages ; 10 €
Editions Paradox, 99 rue de Vaugirard 75006-Paris. Tél : 01 42 22 13 25. Fax : 0145 49 41 19
CD naïve jeunesse : Blandine Baufumé / bbaufume@naïve.fr
Tél : 01 56 02 20 00
Pour tout autre renseignement : Compagnie du Cercle-Maison du Conte, 8 rue Albert-Thuret 94550-Chevilly-Larue. Tél : 01 49 08 08 50 ; fax : 01 45 46 21 91 ; Email : compagnie.du.cercle@wanadoo.fr

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