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AU BOUT DU MONDE
De et avec Abbi Patrix
Compagnie du Cercle ; la Maison du Conte
Café de la Danse. 5, Passage Louis-Philippe 75011-Paris.
Tél : 01 47 00 57 59. Du mardi au samedi à 20h30 ; dimanche à 16h. Jusqu’au 23 avril


La couverture (du livre) a légèrement changé (il était droit et de profil ; il est penché, de face), mais si les histoires varient, l’homme, lui, est bien le même : Abbi Patrix, inlassable conteur d’aujourd’hui, arpenteur passionné de toutes les routes et les chemins du monde, promeneur attentif à toutes les cultures, éveillé à toute forme d’expression de la pensée, écrite, surtout orale, chorégraphique ou musicale. Si l’on devait le définir en une phrase, ce pourrait être : Abbi, ou le verbe au bout du corps.
Habité dès l’enfance par les récits colorés de ses mère et grand-mère norvégiennes, comme autant d’échos de ses origines viking, il en gardé le goût marin des voyages au-delà des océans. Rapportant toujours dans ses bagages les souvenirs de rencontres et de partage, troquant ses trolls natifs pour des contes indiens, ses danses d’elfe pour les mélopées africaines.
Pour ceux qui ont la chance de le connaître et de le suivre depuis longtemps, c’est un bonheur particulier, chaque fois renouvelé, d’entrer dans la caravane de ce nomade des mots. Tel le griot de la brousse, ce chantre de la savane s’emploie avec ardeur à répandre les fruits de sa passion première : la transmission.
Afin que restent intactes et se développent les leçons de vie qu’il a apprises ailleurs, il a organisé, de 1980 à 92, le Festival des conteurs, au centre culturel de Chevilly-Larue. Cette expérience lui donne des ailes et, Dès 93, il crée l’association « La Maison du Conte », qu’il codirige aujourd’hui avec Michel Jolivet.
Ces couleurs, ces traditions, ces gestes et ces mots, il nous les offre avec ardeur en nous emmenant « Au bout du monde ». Sur scène, de drôles d’instruments viennent ponctuer son propos : une sorte de boîte à pédales, posée au sol, enregistre ses phrases, puis les restitue, sur les suivantes, tel un chant canon . Ou encore cette minuscule cithare, créé par ses soins, dont il pince les cordes au rythme de l’Afrique, vibrant écho sonore de sa mythique « cora » ; on jurerait voir une calebasse…
Ces hommages multiples aux peuples de la planète, aux gens qu’il aime, Abbi Patrix nous invite à les partager. Irrésistible appel, lancé avec force : celle de la conviction.

Véronique Blin