ANTHROPOZOO, De Gildas Milin
Mise en Scène : Gildas Milin
Théâtre National de la Colline, 15 rue Malte-Brun 75980-Paris cedex 20. Tél : 01 44 62 52 52. Jusquau 29 mars. Du mardi au samedi à 20h30. Dimanche à 15h30
Etrange objet, étrange lieu. Qui tient de lhôpital psychiatrique autant que dun havre de paix
Blanc et nu. Lumière crue, comme celle du cyalétique dun bloc opératoire. Etrange opération, aussi : un groupe de huit femmes, sous la conduite dun médecin femme elle aussi (Ese Brume, fantastique) tentent de se «refaire une santé», pourrait-on dire, dans un environnement apparemment post-apocalyptique. A intervales réguliers, elles disparaissent dans une sorte de grotte-bunker placé sous la scène.
Cest plutôt à une chorégraphie que cette pièce fait songer. Un ballet carcéral de postures, de mouvements et de gestes qui laissent parfois penser que ces femmes sont décérébrées. Puis soudain elles saniment, orchestrées par «Boule de Guerre» (Catherine Vinatier, surprenante), quasi muette, sexprimant par cris et gestes syncopés. Ces femmes gainées de blanc, comme revêtues dune camisole de force, sont en quête de devenir, dans un univers qui semble bien compromis.
Tout cela pourrait sembler bien triste, à priori. Mais il y a comme une force vitale qui irradie lensemble et, même si la mélodie chantée ici nest pas celle du bonheur, quelque-chose nait et grandit, qui pourrait peut-être sappeler lespoir.
Véronique Blin
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